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Lakoom-info : Comment d’après vous, parvenir à la
promotion de la culture algérienne ?
Chérif Kheddam :
La créativité algérienne sous toutes ses formes, se
doit d’être promue et connue, mais j’estime qu’il y
a un manqu de prise en charge au niveau des rouages
des moyens de production et de diffusion. Il est
important de dire et de montrer que nous voulons
faire rayonner notre culture qui s’est enrichie
d’apports extérieurs. En effet, des pays du bassin
méditerranéen , je pense que l’Algérie est celui
qui a été le plus traversé par des cultures
diverses. Aujourd’hui , nous avons , peut être plus
que jamais besoin d’exprimer nos sensibilités avec
une expression universelle.
J’espère qu’une opportunité sera donnée à nos
artistes dans tous les domaines pour démonter leurs
capacités et leur talent.
Lakoom-info : Les rythmes soutenus de vos nouvelles
musiques ont des teintes très actuelles.
Chérif Kheddam :
Pour moi la chanson en général s’est toujours
nourrie d’autres influenceset l’on se demande où se
trouve la mode.
Lakoom-info : Ne pensez-vous pas que la chanson
actuelle sombre dans la facilité?
Chérif Kheddam :
Sans être vraiment à l’écoute des réseaux FM, ni
trop attentif à la diffusion des clips des chaînes
musicales, j’ai l’impression que la chanson élaborée
a tendance à s’imposer davantage depuis quelques
temps, alors que pendant ces dernières années elle
était tombée « show biz » bêtement commercial. La
chanson dans l’ensemble a subi ces dernières années
une certaine régression. En ce qui concerne la
facilité, nous pouvons constater au fait un manque
de créativité. A mon avis , il est temps de
réfléchir pour cesser de continuer à folkloriser de
façon médiocre et dans de mauvaises conditions, la
chanson ancienne appartenant au domaine public ou
dans le cadre de reprises en appauvrissant ainsi
notre patrimoine pour se consacrer enfin à la
vraie valorisation de notre mémoire.
Lakoom-info : Votre conseil pour les jeunes artistes.
Chérif Kheddam :
De nos jours la chanson ne doit pas être une
entreprise solitaire. Elle doit être le résultat
d’une étroite collaboration entre auteurs,
compositeurs, musiciens qui doivent pouvoir se
rencontrer et créer ensemble. La chanson est un art
populaire qui évolue en prise permanente avec la
vie. Il faut la faire naître sur le terrain de
l’apprentissage musical car il est fondamental pour
tout artiste de posséder un minimum de compétences
professionnelles indispensables pour la maîtrise de
ce métier.
Témoignage de son producteur et Manager Monsieur
Tahar Boudjelli, que nous avons rencontré aussi afin
qu’il nous parle longuement de Chérif Kheddam,
l’homme, l’ami, le nationaliste qui n’a jamais
fait de politique, et n’a jamais adhéré dans un
parti, homme dont sa seule devise était
l’unanimité
Lakoom-info : Comment présentez-vous Monsieur Chérif
Kheddam, la légende ?
T. Boudjelli :
« C’est l’homme qui a su donner une dimension
universelle à la chanson et à la musique kabyle «
Berbère »
« Le premier qui a introduit les instruments
modernes dans la composition, où on sentait qu’il y
avait une recherche qui sortait de l’ordinaire avec
un apport classique au même temps moderne, où il y
avait une ouverture vers l’extérieur par rapport à
ce qu’on avait l’habitude d’écouter. Il est l’un
des rares qui fait des choses qui l’international
par sa composition très recherchée, un auteur poète
compositeur, interprète. Ses poèmes nous faisaient
rêver. Il a chanté la femme, pour la femme, sa
beauté ses droits. Pour lui, la Femme, a toujours
été très importante dans la société algérienne, en
la chantant, il a brisé tous les tabous. Il a chanté
aussi le pays.
Lakoom-info : Pour nos jeunes lecteurs qui ne
connaissent pas les débuts du Grand Maître, comment
a-t-il débuté dans la
chanson ?
T. Boudjelli :
En France depuis 1947, ouvrier dans une usine à
partir de là il n était même pas destiné à
chanter,
C’est en 1954-1955, que Chérif KHEDDAM, avait
commencé ses premières compositions.
C’est moi-même qui l ai incité de revenir à la
chanson il n avait aucune intention de devenir
chanteur mais il a eu beaucoup de succès, il
avait commencé avec la chanson. Comme il
travaillait à l’usine, il suivait en parallèle des
cours de musique le soir, le solfège, cours de
piano, le luth et cours d’harmonie. IL s’est
consacré entièrement à la recherche à
l’approfondissement et à l’apprentissage de la
musique et c est par cette porte là qu il est
rentré dans la chanson après avoir étudié la
musique, il a fait son orchestration lui-même.
Pour ses cinquante ans de carrière, on a fait la
coupole d’Alger qu’était archicomble et comme
c’est un grand nationaliste c’était aussi à
l’occasion du premier novembre.
En Décembre 2005, on a fait le Zénith de Paris.
Lakoom-info : Pourquoi y a-t-il eu une absence ou
était-ce seulement un simple repli pour reprendre un
nouvel élan?
T. Boudjelli :
Ce n’était pas une absence car même il ne s’est
pas consacré à lui-même, mais, et pendant de
longues années, aux autres, en créant une école où
il donnait des cours de chant et de musique.
A partir des années 94, il est revenu en France
pour des soins, je l’ai incité à reprendre la
musique et la chanson.
Il a sorti pas mal d‘albums et des oeuvres
originales.
Lakoom-info : Vos projets ? Qu’allez vous faire des
reprises?
T. Boudjelli :
Nous travaillons sur des reprises, des nouvelles
chansons originales où Chérif s‘est consacré de
toute son âme et toute son énergie afin de réussir
ses œuvres qu’il dédiera à son Public, qu’est de
plus en plus nombreux et ce qui est paradoxal,
aujourd’hui, plus que jamais, Chérif Kheddam a réuni
toutes les générations, aussi bien les jeunes, les
moins jeunes que les adultes, femmes et hommes car
c’est quelqu’un qui fait l’unanimité. Il est resté
artiste, loin de toutes les polémiques et de toutes
les tendances politiques.
Nous allons sortir prochainement aussi et dans le
cadre de compilations, le concert du palais des
congrès de Paris un DVD en live.
Récemment, il a composé et écrit toutes les
chansons de l’album de Karima qui sortira
prochainement.
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