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Le court métrage :
Hadi est un employé modeste, préposé aux toilettes
d'une boîte de nuit au Caire. Il est respectueux,
élégant, méticuleux et toujours très attentionné
avec sa mère malade, chez qui il rentre après le
travail pour jouer du Luth .
Une rencontre inattendue vient bouleverser la vie du
jeune égyptien. Trouvant, par hasard, l'adresse d'un
cabaret, Hadi découvre un soir l'envers de son décor
quotidien, ce qu'il n'est pas habituellement
autorisé à voir. Là, il assiste au numéro
hypnotisant d'une jeune danseuse dont il tombe
instantanément amoureux, mais il ne parvient à se
résoudre à l'aborder. La réussite du film tient à ce
que le réalisateur, justement, ait choisi un ton
burlesque pour traiter son sujet. Le personnage de
Hadi, bien loin d'inspirer la pitié, est à l'origine
en réalité d'une bonne dose d'humour.
Karim Fanous :
jeune réalisateur égyptien,
Réalisateur, Producteur, Scénariste, Directeur
artistique du son, Montage, Montage Son, Mixage Son
travaille depuis 2002 avec le grand réalisateur
Youssef Chahine. « Mains propres, savon sale »
est son premier court-métrage, Sur le sujet
de son film qui cache tant d’autres, Karim Fanous
nous a dit :
Lakoom-info
: Pourquoi dans votre court-métrage avez-vous
choisi un personnage qui travaille dans les
toilettes des hommes ?
Karim Fanous
: Les habitants du Caire sont pour moi une source
d’inspiration. Beaucoup ont une personnalité très
riche, Adam Mourad, le scénariste, et moi, nous
préférons baser nos films sur des personnages
plutôt sur les intrigues. Il me parlait souvent pour
sa fascination pour un petit homme tranquille qui
travaillait dans les toilettes des hommes dans un
night-club. Il avait un point de vue sur l’humanité
auquel peu de gens ont accès. J’aimais cette idée
et nous avons décidé d’en faire le sujet de notre
court-métrage.
Lakoom-info : Outre les toilettes des hommes, le
second lieu important est le cabaret où se produit
Nour, la danseuse du ventre ?
Karim Fanous :
Cela reflète la personnalité des deux
protagonistes : le modeste employé des toilettes
et la danseuse du ventre superstitieuse. Les
toilettes peuvent être vues comme symbole de la
réalité froide et triviale et, le cabaret comme un
lieu de fantasme où les sens s’échauffent. D’un
autre côté, les toilettes sont celles d’un hôtel
haut de gamme du Caire. Entre ses quatre murs où les
gens d’une classe sociale supérieure passent devant
lui sans le voir, la jeunesse de Hadi s’enfuit.
Nour vit elle aussi dans une prison symbolique : le
cabaret typique de la vie sombre des bas-fonds du
Caire. D’un un point de vue stylistique, j’ai
consciemment accentué les contrastes entre les deux
mondes. La mise en scène dans les toilettes
statique, presque léthargique et elle devient plus
dynamique et colorée. Dans le cabaret, le décor,
les costumes et la musique ont été soigneusement
choisis pour différencier les deux atmosphères. Je
suis très content du travail du département
artistique.
Lakoom-info : Votre film montre-il aussi la
frustration sexuelle des jeunes égyptiens ?
Karim Fanous :
Absolument, le sexe est un sujet tabou dans la
société égyptienne. La relation sexuelle entre
filles et garçons et particulièrement dans les
classes populaires sont très inhibées. Le vide
affectif est à mettre en relation avec leur manque
d’ambition.
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