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À la veille de l’Université d’été de Royan les 6 et
7 septembre 2008, des membres du Rassemblement
National de la Diversité Française, ont adressé un
appel au Président de la République, attirant son
attention sur ce qu’ils appellent des tendances à
l’exclusion au sein du parti de la majorité.
Abderrahmane Dahmane, Conseiller à l’Élysée, étant
un des principaux animateurs de ce Rassemblement,
nous l’avons interrogé sur les suites de cette
démarche.
Après l’Université de l’UMP à Royan, le mois
dernier, des membres du bureau exécutif ont adressé
au Président de la République une Lettre ouverte
pour attirer son attention sur la
sous-représentativité de la diversité dans les
structures du parti, et solliciter son intervention
dans ce problème. Un mot là-dessus ?
Abderrahmane Dahmane :
Les militants de la diversité à l’UMP sont inquiets
de la gestion actuelle du mouvement. Depuis
l’élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la
République, la direction à qui il a confié les
rênes du parti semble vivre sur une victoire qui lui
revient à lui seul. L’UMP comptait à peu prés
370.000 adhérents à jour de cotisation en mai 2007
et depuis c’est la bérézina au sein du premier parti
de France. Passées les élections législatives et
municipales, les membres de la diversité ont été
complètement oubliés et même écartés, et lorsque des
candidats ont été retenus, ils se sont trouvés
automatiquement concurrencés par des dissidents que
la direction refuse de sanctionner actuellement, et
cela au mépris du règlement intérieur appliqué pour
certains mais pas pour d’autres. C’est le cas dans
les 10e
et 20e
arrondissements de Paris. Une politique de 2 poids 2
mesures. Ces attitudes sont contraires au projet et
à la volonté du Président de la République, qui a su
attirer autour de lui de nombreux Français issus de
l’immigration.
Aujourd’hui, l’UMP se vide des membres de la
diversité et des démissions collectives se sont
fait jour depuis le mois de juin 2007 à l’exemple
des adhérents d’Aulnay-Sous-Bois.
Conformément à la mission que Nicolas Sarkozy m’a
confiée et faute d’un dialogue avec certains
nouveaux apparatchiks, je me suis trouvé dans
l’obligation d’alerter le Président. Je connais les
convictions qui l’animent en ce qui concerne le
programme de l’intégration des minorités visibles au
sein de la société française. N’oublions pas que
Nicolas a été victime lui aussi de cette
discrimination au sein de ce mouvement et
particulièrement par les tenants du TSS (Tous sauf
Sarkozy -Ndlr) et aujourd’hui leur allégeance
est plus que suspecte puisque leur comportement n’a
pas varié d’un iota et tous sont sur leur garde en
attendant de mieux faire.
Pouvez-vous nous dire si le chef de l’État a réagi à
cet appel, et si oui comment et de quelle façon
compte-t-il intervenir ?
A.D. :
Le chef de l’État, malgré les préoccupations de
politique européenne et internationale qui
absorbent tout son temps, a pu rapidement nous
répondre pour nous soutenir. Il a pointé du doigt la
direction du mouvement sur cette affaire. La place
de la diversité dans le gouvernement et partout
ailleurs est irréversible comme il l’a si souvent
déclaré. D’ailleurs, la presse nationale en a fait
l’écho, même si à ce jour rien n’a été appliqué par
Patrick Devedjian, malgré les promesses données lors
de nos rencontres. Ma confiance au Président de la
République sur ce sujet demeure intacte.
Pouvez-vous nous dire aussi si des personnalités
comme
Mesdames Rachida Dati, Rama Yade et Fadéla Amara
sont d’accord avec vous sur le constat que vous
faites, si elles vous soutiennent, et dans ce
cas-là comment voient-elles, disons, la suite des
événements ?
A.D. :
Il n y a pas lieu de douter de leur soutien et leur
présence au sein du gouvernement est aussi la
volonté du Président de la République de ne pas
céder aux sirènes de l’exclusion. Nous voyons
comment se déchainent certains politiques aux
actions menées par ces citoyennes des diversités
alors qu’elles ne font qu’appliquer le programme
qui a été fixé par Nicolas Sarkozy.
Enfin, vous avez créé l’Union des Asiatiques, le
Cercle des Maghrébins, le CERFA (Cercle d’études et
de réflexion des Franco Africains) et le club
Jasmin… Peut-on avoir d’ores et déjà une première
idée, sinon de leur bilan, du moins de leur action ?
A.D. :
Chaque entité a fait ses preuves pendant la campagne
présidentielle malgré les difficultés rencontrées
au sein de l’UMP. Il y a même certains responsables
qui ont essayé de s’accaparer ces cercles pour
assouvir leur ambition, malheureusement pour eux le
Président n’est pas dupe de toutes ces manoeuvres.
C’est aussi un signe de bonne santé pour ces
cercles qui n’ont jamais existé avant l’arrivée de
Nicolas Sarkozy à la présidence du Parti. Les
actions de ces cercles continuent par des réunions
et diner débats au sein de chaque communauté. Le 31
octobre, l’Union des Asiatiques de France invite
Rama Yade pour une réflexion sur la place des
Asiatiques dans les structures administratives et
gouvernementales que je ne cesse de défendre auprès
de tous les responsables. Il y a dans le
gouvernement une black, des Maghrébines et pourquoi
pas une jaune pour respecter la diversité dans son
ensemble lors du prochain remaniement. Les
compétences ne manquent pas au sein de la
communauté asiatique. Ce combat que nous menons
avec Nicolas Sarkozy n’est pas encore gagné, il nous
faut beaucoup de patience et de persévérance pour
faire changer les mentalités à notre égard.
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