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Lakoom-info: Quelle lecture analytique et politique peut
résumer les résultats des élections communales du 12 juin
dernier ?
Rachid Beddaoui: Le 12 juin 2009 des élections
communales, renouvelant les conseils municipaux ruraux et
urbains, ont eu lieu au Maroc.
Ces élections sont les neuvièmes du genre depuis
l’indépendance. Selon les chiffres officiels, plus de
52.4 %
des treize millions des marocains inscrits sur les listes
électorales se sont rendus aux urnes. Après une campagne
électorale faiblement animée, le ministre de l’intérieur, M.
Chakib Benmoussa a annoncé officiellement, lors d’un point
de presse samedi 13 juin en fin d’après-midi à Rabat, les
résultats définitives des communales 2009 en proclamant la
victoire du PAM parti Authenticité et Modernité qui a
remporté ces élections avec 6015 sièges, soit 21,7pc, il est
suivi du Parti de l’Istiqlal/PI avec 5292 sièges (19 pc), le
Rassemblement national des indépendants/RNI (4112 sièges
-14,8pc), l’Union Socialiste des Forces Populaires/USFP
(3226 sièges - 11,6 pc), du Mouvement populaire/MP (2213
sièges - 8 pc), du Parti de la Justice et du Développement/PJD
(1513 sièges - 5,4 pc).
Nous observons que le Parti de la Justice et du
Développement « PJD », qui a présenté 8870 candidatures, a
obtenu la sixième place, selon les résultats définitifs,
sachant que le parti a choisi de couvrir seulement le tiers
des circonscriptions électorales. Le PJD a conservé sa place
dans les villes dans lesquelles il avait réalisé de bons
résultats lors des échéances communales de 2003.
J’estime que le PAM, créé par Fouad Ali El Himma, ancien
secrétaire d’Etat à l’Intérieur, cherche à asseoir sa
popularité face à un gouvernement jugé faible et impopulaire.
Lakoom-info: est ce ces résultats traduisent la montée en
puissance du P.A.M ou elles reflètent plutôt une faiblesse
chez d'autres partis, notamment les partis politique de
droite ?
Rachid Beddaoui: Le succès du Parti authenticité et
modernité (PAM) s’explique fondamentalement par la forte
participation des électeurs dans les zones rurales où la
présence de notables influence d’avantage le vote.
Le décalage de participation entre la ville et la campagne
s’explique par le contrôle social, moins présent dans les
villes, qui incite les électeurs ruraux à se déplacer vers
les urnes.
Cependant, le fellah marocain «défenseur du Trône» reste
fidèle au (PAM).
Le monde rural où le PAM a gagné plusieurs postes était
pendant plusieurs années un réservoir utilisé par l’Etat
pour diriger la carte électorale dans un sens déterminé.
Cependant, ce parti a échoué à pénétrer les grandes villes
et a polarisé une élite politique qui serait prête à faire
réussir un projet clair de la société marocaine, lucide,
cohérent et courageux, dont l’objectif premier est de
remettre sur pied les fondements de notre société et de
notre dignité dont la condition première est le système
d’enseignement.
Devant cette victoire électorale, le PAM est aujourd’hui
confronté à deux défis majeurs, qui, faute d’être relevés à
la fois, à temps et de façon appropriée, vont compromettre
durablement le développement de ce parti, le premier est lié
à sa capacité de mettre en place des politiques locales
intégrées en faveur des citoyens notamment les plus diminués
ensuite sa capacité de
transformer lesdits notables à des acteurs politiques
actifs.
Lakoom-info : peut-on envisager que ces résultats vont
précipiter un remaniement ministériel ?
Rachid Beddaoui : Je ne pense pas puisque c’est Le
Roi qui nomme le Premier ministre et sur sa proposition, le
Roi nomme les autres membres du Gouvernement et il peut
mettre fin à leurs fonctions également Il met fin aux
fonctions du Gouvernement, soit à son initiative, soit du
fait de la démission du Gouvernement.
*Chercheur
universitaire en Relations Euro-méditerranéennes et
sciences Politiques et président du Forum de la Jeunesse
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