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Le XV de France, après
deux sorties probantes
contre l'Afrique du Sud
et les Samoa, a été
brutalement ramené sur
terre par l'écrasante
supériorité de la
Nouvelle-Zélande, samedi
à Marseille, et devra en
tirer les leçons avant
d'aborder le Tournoi des
six nations sans réel
droit à l'erreur.
"On
n'a pas le sentiment qui
nous animait au
lendemain d'Angleterre-France
(défaite 10-34 à
Twickenham en mars,
NDLR). J'ai envie de
parler de fierté car
pour qu'il y ait un beau
match de rugby, il faut
être deux", a assuré
l'entraîneur français,
Marc Lièvremont, qui
n'avait eu de cesse,
pendant la semaine,
d'atténuer par
anticipation les
conséquences d'une
prévisible défaite
(12-39).
"Nos
Français ont été
entreprenants,
courageux, a-t-il
poursuivi. Mais on s'est
vite rendu compte,
hormis sur la première
mêlée, que ça allait
être très compliqué avec
ce premier essai qui
arrive trop tôt sur un
splendide mouvement des
All Blacks."
Tout
un symbole, en effet. A
Toulouse, le 13
novembre, les Français
s'étaient forgés un
destin en écrasant la
mêlée des Springboks
(20-13). Samedi, à
Marseille, ils ont
réédité cette
performance... pendant
dix minutes.
Mais
dès la première
contre-attaque
néo-zélandaise,
couronnée par un essai
de Sivivatu, le scénario
du match semblait
définitivement jeté, et
les insuffisances
françaises étalées au
grand jour face à ce
récital offensif.
Avec
cette "leçon de rugby",
le bilan de la tournée
est "évidemment" revu à
la baisse, a concédé
Lièvremont. "Cela
atténue le bilan général
sur les joueurs, leurs
qualités individuelles.
Mais il faut faire un
bilan de manière
globale. On croit au
potentiel de ce groupe",
a-t-il précisé.
Les
entraîneurs français
retiendront donc
l'énorme état d'esprit
affiché contre l'Afrique
du Sud, championne du
monde en titre largement
dominée à Toulouse, et
le professionnalisme des
"réservistes" contre les
Samoa. Dans le jeu, ils
pourront continuer de
bâtir sur une mêlée
retrouvée, quoique mise
à mal au pire moment par
les All Blacks sur le 3e
essai de Jerome Kaino.
Mais à
deux ans de la Coupe du
monde en
Nouvelle-Zélande, où ils
retrouveront les All
Blacks dès la phase de
poule, l'ouvrage ne
manque pas. Et la
feuille de route
imprudemment scandée par
le président de la FFR,
Pierre Camou, de
"reprendre" le Trophée
Gallaher aux
Néo-Zélandais en 2011,
pour le plaisir d'un bon
mot devant le public du
Stade Vélodrome,
relèvera du sacerdoce.
Parmi
les chantiers, après
avoir cerné les contours
d'un groupe élargi d'une
trentaine de joueurs,
les Français devront
certainement resserrer
leur mire sur un XV de
départ stabilisé, si les
blessures le leur
permettent.
L'ouvreur François
Trinh-Duc, qui n'a tout
simplement pas existé
face au maître
incontesté Dan Carter,
devra cravacher pour
atteindre le niveau
requis. Et dans son
sillage, toute
l'animation offensive
reste en chantier.
S'ils
n'ont pas voulu
s'épancher sur le sujet,
pudeur de lendemain de
défaite oblige, les
entraîneurs devront
encore compter avec des
conditions de
préparation
désavantageuses. Depuis
le début de l'année
2009, la majorité des
All Blacks alignés
samedi à Marseille
n'avaient guère disputé
plus de rencontres
officielles que les
Français... depuis la
reprise du Top 14,
mi-août!
Dans
l'immédiat, l'heure est
à la préparation du
Tournoi des six nations,
qui s'ouvrira le 7
février par un
déplacement en Ecosse.
Après deux décevantes
troisièmes places en
2008 et 2009, les
Français devront
impérativement revoir
leurs ambitions à la
hausse.
"On
aurait aimé l'aborder
avec plus de certitudes.
Ce sera forcément un
Tournoi très ouvert,
avec l'Irlande qui a
confirmé en novembre son
Grand Chelem du
printemps, le pays de
Galles qui sera présent
mais aussi l'Angleterre,
dès que son infirmerie
se videra", a prévenu
Lièvremont, déjà
soucieux à deux mois de
l'échéance.
afp |