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A peine rentré à Alger,
après un périple qui l’a
emmené du Caire à
Khartoum, Lakoom-Info
est partie à la
rencontre du
commentateur sportif de Radio
Alger chaine 3 ,
Maamar Djebbour,
issu du service des
sports le plus dynamique
de la Radio Algérienne
qui a donné des grands
noms du journalisme
sportif tel que Djamel
Boukercha, Aziz Younsi
et Chadli Boufaroua.
Conforme à un carnet de
voyages, Maamar Djebbour
nous conte toute cette
aventure extraordinaire
via Le Caire et Khartoum
comme si vous y étiez !
Lakoom-info : Dans quel
état d’esprit êtes-vous
arrivé au Caire ?
Maamar DJEBBOUR :
C’est toujours un
plaisir d’arriver au
Caire, c’est une belle
ville qui vit
constamment. Il y a les
odeurs du Caire,
l’hospitalité des
cairotes, c’est assez
particulier. Je m’y suis
rendu avec plaisir pour
couvrir un évènement
sportif (le match
Algérie-Egypte ) ! C'
est une rencontre tout à
fait particulière
d’autant plus qu’à la
clé il y a une
qualification au
Mondial ! L’enjeu est de
taille ! J’arrive la
veille de l’arrivée de
notre équipe nationale,
tout se passe bien,
facilité au niveau de la
police des frontières,
photos avec les
égyptiens à la sortie de
l’aéroport, bonne
ambiance, petite visite
du Caire. Le lendemain,
journée très agréable ,
on se rend au siège de
la Radio égyptienne afin
de régler tous les
aspects liés à la
retransmission du match.
Tout se passe bien
jusqu’au premier
dérapage qui survient en
fin de journée, au
moment de l’arrivée de
notre équipe nationale à
l’aéroport du Caire où
j’étais présent. Comme
par hasard , il y avait
des supporters égyptiens
alors qu’ils n’avaient
rien à faire là-bas,
face à eux bien
évidemment des
supporters Algériens
dont certains étaient
venus du Canada, on
sentait de l’électricité
dans l’air puis c’est
monté d’un cran, quand
les supporters égyptiens
ont fait preuve
d’agressivité, ils
jetaient des pierres et
la police a commencé à
frapper, grande
tension ! On s’est dit:
c’est normal! on est à
la veille d’un match,
ils sont chez eux,
l’équipe égyptienne joue
son avenir en coupe du
monde, c’est une chance
à ne pas rater pour eux.
Entre l’aéroport et
l’hôtel où réside notre
équipe nationale il y a
environ 900 mètres,
l’équipe nationale prend
le chemin de l’hôtel,
nous suivons leur bus
dans un véhicule, au
moment ou l’on arrive à
l’hôtel, il y a un petit
virage et l'on est
obligé de freiner car la
grille de l’hôtel n’est
pas ouverte, à ce
moment là, environ 200
supporters égyptiens
sortis de nulle part
caillassent le bus de
l’équipe nationale
Algérienne, c’est assez
impressionnant,
d’ailleurs un cameraman
de Canal+ qui se
trouvait dans le bus a
tout filmé, c’était un
grand moment de panique.
Les vitres ont volé en
éclats, on pensait que
c’était plus grave que
ça, à mon avis cette
attaque a été
minutieusement préparée
car il n'y a pas
d’improvisation à ce
niveau quand on connait
les services de sécurité
égyptiens, quand ils
veulent mettre en place
un cordon de sécurité,
ils le mettent là où ils
veulent, ils disent
n’avoir pas pris leurs
précautions et qu’ils ne
s’attendaient pas à ça.
Notre équipe nationale a
été agressé, il y a des
joueurs blessés (Lamouchia,
Haliche, Saïfi et
l’entraîneur des
gardiens).
A partir de là, la
soirée devient
électrique, les joueurs
étaient livides, Matmour
était blanc ! Maghni ne
comprenait pas pourquoi
tant de haine alors
qu’il venait disputer un
match de foot!
Lakoom-info : Comment
les choses se sont
déroulées au sein de
l’hôtel ?
Maamar DJEBBOUR :
Panique générale au
niveau de l’hôtel, les
égyptiens avaient
organisé un mariage au
sein de ce même hôtel!
Le président de la
fédération Algérienne de
football est monté au
créneau car les
égyptiens voulaient
cacher le bus, Mr
Raouraoua a caché les
clés du bus dans sa
poche, notre ambassadeur
était présent ainsi que
notre ministre de la
jeunesse et des sports
qui était venu prendre
des nouvelles de notre
équipe
Lakoom-info : Quelle a
été la réaction des
officiels égyptiens
présents à l’hôtel après
l’attaque du bus ?
Maamar DJEBBOUR :
Ils ont voulu confisquer
la cassette du
journaliste de Canal+,
les Algériens ont caché
le journaliste et sa
cassette dans une
chambre de l’étage qui
leur était réservée.
Puis arrive le président
de la fédération
égyptienne de football
qui pousse le bouchon
trop loin en disant
qu’il avait des rapports
disant que les joueurs
Algériens avaient eux
même cassé les vitres de
leur bus, notre
ambassadeur leur a
répondu qu’on avait
amené une équipe
nationale, pas une
équipe de fou !
Lakoom-info : Après
l’agression du bus la
situation est montée
d’un cran…
Maamar DJEBBOUR :
Le lendemain de
l’agression, toute la
presse égyptienne à
l’unanimité a accusé les
Algériens d’avoir monté
un coup afin que le
match soit délocalisé.
Une grande manipulation
a été orchestrée par les
médias égyptiens, sur
leurs télévisions ils
présentent différents
chauffeurs qui étaient
censés avoir conduit le
bus des Algériens,
c’était hallucinant !
D’ailleurs toutes ces
vidéos sont disponibles
sur Youtube,
quand à la rue
égyptienne, elle n’est
pas dupe, mais c’est
leur équipe nationale
qui joue contre
l’Algérie ou règne une
rivalité footballistique
historique.
Lakoom-info : Comment
avez-vous réagi au
communiqué de la FIFA le
lendemain de l’agression
de notre équipe
nationale ?
Maamar DJEBBOUR :
Il y avait deux
solutions pour
l’Algérie, soit quitter
Le Caire et attendre la
décision de la FIFA,
soit jouer le match,
personnellement je
pensais que la FIFA
allait délocaliser le
match, j’en étais
persuadé. Il y a au
niveau de la FIFA un
gros dossier concernant
l’Egypte qui n’en est
pas à sa première
agression d’une équipe
invitée, cela s’était
déjà passé en 1993
contre l’équipe du
Zimbabwe, le match avait
été délocalisé à Paris.
Les égyptiens ont un
long passif à ce niveau
là, de plus la FIFA
avait fait son cheval de
bataille la sécurité des
équipes visiteuses, des
supporters et surtout le
fair-play. J’ai été très
surpris par le
communiqué qui demandait
des garanties écrites à
la fédération égyptienne
de football et aux plus
hautes autorités
égyptienne afin
d’assurer la sécurité de
l’équipe nationale
Algérienne ainsi que les
supporters Algériens.
Hors, à la fin du match
du Caire la sécurité de
l'équipe Algérienne
n’était plus assurée, ni
celle des supporters! ce
qui m’a le plus déçu
c’est que la FIFA n’a
pris aucune décision
ferme puisque le dossier
est toujours ouvert. L’Egypte
risque des sanctions
financières au plus,
alors que ce sont les
égyptiens qui nous ont
agressé les premiers, je
me souviens que quand
l’équipe égyptienne est
arrivée à l’aéroport
d’Alger, ils ont été
accueillis avec des
roses!. Je me souviens
que les journalistes
Algériens ont organisé
une soirée en l’honneur
de la presse sportive
égyptienne!. Je me
souviens que Rabah
Saadane, au stade de
Blida était parti saluer
l’entraîneur égyptien
avec le respect voulu!
Au Caire, Saadane n’a
pas eu le même
traitement, Shahata
n’est pas venu vers lui,
la presse Algérienne au
Caire n’a pas été
honorée, l’accueil n’a
pas été chaleureux! A
Alger les conditions de
sécurité pour l’équipe
nationale égyptienne
étaient draconiennes, et
les supporters égyptiens
étaient placés sous
hautes protections!
Lakoom-info : Comment
notre équipe nationale a
encaissé cette
agression ?
Maamar DJEBBOUR :
Ils ont vécu un réel
traumatisme qu’ils n’ont
pas évacué, ils étaient
sous pression, même
s’ils ne le disaient
pas, ils n’étaient plus
dedans, il y a eu cette
peur qu’ils n’ont pas pu
surmonter, vous savez,
ils ont passé un moment
très dur!. Ils sentaient
qu’ils étaient sur un
terrain hostile, ils ont
emmagasiné un moment de
frayeur qui s’est
immédiatement répercuté
sur le mental,
d’ailleurs on le
remarque
symptomatiquement au
début du match du Caire,
très grosse fébrilité de
l’équipe Algérienne, les
joueurs n’étaient pas
dans le match, Metmour
était complètement à
côté et n’est jamais
rentré dans le match,
plusieurs joueurs
étaient dans cet état
là ! Haliche a fait une
diarrhée pendant plus de
24 heures dûe aux
traumatismes, notre
entraîneur n’a pas bougé
du banc, c’était un
terrain complètement
hostile, heureusement
qu’on a encaissé que
deux buts sinon on
aurait pu être éliminé à
la fin du match
Lakoom-info :
Comment vous êtes
vous organisé dans votre
travail pour Radio
Alger Chaine 3 ?
Maamar DJEBBOUR :
Au départ, j’ai réalisé
des envois pour les
grandes éditions
d’information de la
journée ainsi que pour
l’émission Football
Magazine diffusée le
vendredi entre 11h00 et
12h00, suite aux tristes
événements,
j'intervenais dans
chaque flash et chaque
édition d’information en
plus de flashs spéciaux
et quelques émissions de
production, ma présence
à l’antenne était quasi
continue, jusqu’au
moment où l’on a quitté
le Caire.
Lakoom-info : Comment
avez-vous vécu l’après
match du 14 novembre au
Cairo Stadium ?
Maamar DJEBBOUR :
Çà s’est très mal passé,
on a pu quitter le Cairo
Stadium 2h30 après la
fin du match, on est
sorti sans protection !
et là ça s'est très mal
passé, il y eu de
nombreux blessés, nous
nous trouvions dans le
bus transportant les
journalistes de la Radio
et de la télévision
Algérienne, on s’est
retrouvé bloqué dans les
encombrements du Caire,
encerclé par une foule
d’égyptiens déchainés,
ils ont demandé au
chauffeur si nous étions
Algériens, le chauffeur
leur a dit que nous
étions égyptiens ce qui
nous a épargné du pire,
j’ai vu des Algériens se
faire agresser, un jeune
Algérien de Montpellier
a été violemment frappé,
j’ai vu une supportrice
Algérienne avec le
visage ensanglanté et
l’arcade sourcilière
ouverte, j’ai vu des
voitures d'algériens
saccagées, c’est
regrettable car les
services de sécurité
égyptiens n’ont
absolument rien fait
pour protéger les
Algériens. Au Caire,
nous avons vécu des
moments terribles, à
travers le football, les
égyptiens ont voulu
canaliser le
mécontentement de la rue
égyptienne et en gagnant
au Caire je pensais que
les choses allaient bien
se passer, finalement
ils sont restés dans cet
anti Algérien primaire,
personnellement, je
pense que ce qui a couté
cher aux égyptiens c’est
qu’ils ont fait la fête
un peu trop vite, en
jouant au Soudan, pays
frontalier de l’Egypte,
ils pensaient que ça
allait être une simple
formalité et finalement
ce n’était pas le cas !
Lakoom-info : Quelles
étaient vos impressions
lors de votre arrivée à
Khartoum ?
Maamar DJEBBOUR :
Le Soudan me rappelle le
sud Algérien, les
Soudanais sont d’une
grande générosité, c’est
un peuple très
hospitalier et ouvert !
on a été très bien
accueilli, c’était une
toute autre ambiance, on
sentait qu’on était dans
un pays frère, c’était
rassurant, leur accueil
nous a embaumé de
sérénité, des familles
Soudanaises ont ouvert
leurs portes aux
supporters Algériens,
elles les ont nourris et
logés, à Khartoum, nous
étions informés de la
ferveur populaire en
Algérie, des
manifestations de
soutien et notamment de
la décision du Président
de la République
Abdelaziz Bouteflika de
faciliter le transport
de nos supporters, cela
a été un véritable coup
de maître ! Les
égyptiens ne
s’attendaient jamais à
voir 12000 supporters
Algériens débarquer à
Khartoum, à 5000
kilomètres d’Alger,
bénéficiant pratiquement
de la gratuité du
voyage ! Vous savez,
quand l'algérien se sent
victime de la « Hagra » c’est
tout le peuple qui
réagit à l’unisson en
même temps !
Lakoom-info : Pourquoi
les Algériens ont été si
bien accueillis à
Khartoum ?
Maamar DJEBBOUR :
Les Algériens étant très
sociables, ils ont très
vite sympathisé avec les
Soudanais qui sont
hospitaliers de nature,
ils ont défilé ensemble,
les Algériens leur ont
offert nos drapeaux et
leur ont appris les « One,
two, three, Viva
l’Algérie » .
Et puis je peux
vous affirmer que les
Soudanais n’ont pas
oublié le fameux match
Soudan-Tchad où les
égyptiens ont soutenu le
Tchad, mais il y avait
aussi certains Soudanais
qui soutenaient l’Egypte,
à Khartoum les Algériens
étaient partout ! je ne
sais pas comment ils
font alors que 400000
égyptiens vivent dans la
capitale Soudanaise !
Les Algériens se
déplaçaient avec une
facilité déconcertante !
Lakoom-info :
Racontez-nous la journée
historique du mercredi
18 novembre, jour du
match Algérie-Egypte au
stade El Merikh à
Khartoum…
Maamar DJEBBOUR :
Les forces de sécurité
Soudanaise étaient
déployées en force pour
éviter tout contact
entre les deux camps,
les égyptiens se
faisaient plus discrets.
Il y avait chez les
Algériens cette envie
d’en découdre, sur le
chemin du stade, on a
croisé des milliers de
supporters Algériens.
Arrivé au stade, on a
été frappé par
l’ambiance qui y
régnait, les supporters
Algériens ont fait
preuve d’une grande
imagination : drapeaux
Algériens de 500 mètres
de long ! Certains sont
même montés sur un
pylône électrique pour
accrocher un drapeau
Algérien à son
extrémité, un supporter
égyptien a essayé de
faire la même chose mais
il s’est arrêté à la
moitié et est
redescendu, nos
supporters avaient la
rage de vaincre, ils l'
ont transmise à nos
joueurs, ce fut une
magnifique victoire avec
ce fabuleux but de Antar
Yahya !
Lakoom-info : Comment
analysez-vous le match
en lui-même ?
Maamar DJEBBOUR :
Le match était très tendu, Saadane change de tactique, il passe du
3-5-2 au 4-4-2 et fixe
la défense égyptienne,
les premiers duels sont
très durs, Belhadj prend
un carton jaune et on ne
se faisait pas de cadeau
sur le terrain, puis
Chaouchi réussit sa
première parade, c’était
l’homme du match, il met
en confiance la défense
Algérienne et le match
monte en puissance avec
le superbe but de Antar
Yahya marqué avec une
vitesse de plus de 100
KM/heure, comme il le
dit lui-même: j’ai tiré
« Wine yasken
echitane » (là
où habite le diable) qui
veut dire dans le
langage footballistique
Algérien, l’angle de
90%, dans la seconde
mi-temps il y a beaucoup
de tension car, en terme
de construction de jeu,
les égyptiens sont
supérieurs et ils
monopolisent le terrain,
mais la défense
Algérienne a tenu, on a
eu les meilleurs
occasions de but car on
jouait surcontre, on
aurait pu tuer le match,
malheureusement ça ne
s’est pas fait, on était
tendu, accroché au
match, cardiaque
s’abstenir! et puis ce
sifflet libérateur de
l’arbitre qui marque la
fin du match et confirme
la qualification de
l’Algérie à la coupe du
monde , on revient 24
ans après, cette
qualification qui tient
au but des Gambiens
contre le Sénégal durant
le second tour, si le
Sénégal avait gagné 1-0
on aurait eu ni coupe
d’Afrique, ni coupe du
monde, la Gambie égalise
à 5 minutes de la fin,
on joue le 3ème tour, on
tombe dans le groupe du
double vainqueur des
deux dernières coupes
d’Afrique des nations,
l'Egypte, grand favori,
Les Pharaons grande
équipe, et notre équipe
n’a qu’un objectif :
aller en coupe
d’Afrique, et les
résultats aidant des
matchs de référence, la
dynamique et les
conditions réunis autour
de l’équipe de nationale
ont fait que la
sélection de Saadane a
réussi jusqu'à la
qualification,
d’ailleurs Zidane a
déclaré sur Canal+ le
lendemain de la
qualification « en
regardant les
enfants de mon pays
d’origine gagner cette
qualification méritée,
puisqu’ils ont dominé le
groupe dès le premier
jour, j’ai eu
l’impression de vivre la
victoire de la France en
1998, avec cette
déferlante humaine à
Alger, c’est comme si
l’Algérie venait de
gagner la coupe du
monde »
Lakoom-info : Comment
s’est déroulé l’après
match à Khartoum ?
Maamar DJEBBOUR :
On était sur un nuage!
j’ai commenté le match
pour Alger Chaine 3 en
position debout, mais je
n’ai ressenti aucune
fatigue, les consignes
étaient que les
supporters de l’équipe
perdante évacuent le
stade rapidement. Les
nôtres, en parfaite
symbiose avec notre
équipe sont restés dans
le stade à faire la
fête, il n’y a pas eu
d’affrontements,
d’ailleurs le ministre
de la santé égyptien à
comptabilisé 25 blessés
légers, à titre
d’exemple après le match
PSG/Marseille combien y
a-t-il de blessés ? Cela
arrive souvent dans des
matchs de foot, ce n’est
pas dramatique.
Lakoom-info : La non
réaction de la FIFA
suite aux violences
égyptiennes a scandalisé
un grand nombre
d’observateurs
internationaux…
Maamar DJEBBOUR :
Il faut savoir que la
FIFA c’est l’ONU du
football, c’est un
véritable état, rien ne
va changer, à titre
d’exemple le match
France-Irlande avec un
but français touché par
la main de Thierry
Henry, c’est un fait de
jeu et la FIFA ne peut
pas changer le résultat,
l’Algérie a fait changer
des choses, elle a fait
changer la
réglementation
concernant les joueurs
binationaux. Déjà en
1986, grâce à l’Algérie,
la dernière journée de
la phase finale au 1er tour,
tous les matchs se
jouent le même jour à la
même heure, ce qui
n’était pas le cas en
1982 et on connait la
suite. Cette fois, suite
à tout ce qu’a vécu
notre équipe nationale
et nos supporters, la
FIFA en a pris pour son
grade à travers les
commentaires d’un grand
nombre de journalistes
du monde entier.
Lakoom-info : Quels sont
vos pronostics pour le
parcours de l’équipe
nationale Algérienne
durant le Mondial de
Johannesburg ?
Maamar DJEBBOUR :
On ne va pas gagner la
coupe du monde ! mais
inchallah on va essayer
de passer un tour, c’est
ce que je souhaite, à
mon avis, l’équipe de
1982 avait un niveau
supérieur. Il y a des
joueurs de grande
qualité dans cette
équipe, je suis persuadé
que l’équipe de 1982
aurait pu atteindre le
dernier carré mais on ne
va pas refaire
l’histoire, en 1986, il
y avait des problèmes
internes qui ont été
montés, on connait la
suite des événements,
cette fois çi, je pense
que toutes les
conditions sont réunies
car il y a une marche de
progression
intéressante. Mon
souhait est de voir
notre équipe passer un
tour, ce qu’ils ont
accompli jusqu'à présent
est déjà absolument
fabuleux, tout est
arrivé très vite!. Les
projets de qualification
en coupe d’Afrique se
construisent longtemps à
l’avance, il ne faut
jamais oublier où on
était et où on est
aujourd’hui, on a pas
participé aux deux
dernières éditions de la
coupe d’Afrique des
nations donc il ne faut
pas jeter le bébé avec
l'eau du bain, on
connait le tirage de la
coupe d’Afrique, çà ne
sera pas facile et ça
pouvait être pire.
Saadane dit qu’il a des
objectifs
intermédiaires,
l’essentiel est de faire
bonne figure en coupe du
monde.
Lakoom-info : Que
retenez-vous de cette
grande aventure
footballistique entre
Alger, Le Caire et
Khartoum ?
Maamar DJEBBOUR :
J’ai vécu une aventure
extraordinaire, pour
l’aspect anecdotique,
pour la première fois de
ma vie, pour commenter
un match, je suis passé
par une fenêtre et non
par une porte, tellement
il y avait foule au
stade El Merikh de
Khartoum, sinon pour
l’aspect journalistique,
la victoire de Khartoum
est l’un des plus beaux
jours de ma vie, j’ai eu
la larme à l’oeil,
connaissant les
difficultés du football
Algérien, je ne pensais
pas pouvoir vivre un
jour durant ma carrière
la qualification de
l’Algérie au mondial,
cette victoire nous a
transporté, tous les
qualificatifs ne
suffisent pas pour
décrire cette joie. Au
soir du match du Caire,
on était abattu, comme
si le ciel nous était
tombé sur la tête, notre
équipe dominait son
groupe, on pensait que
ça allait être facile,
tout les atouts étaient
de notre côté, on était
mal engagé, l’équipe
égyptienne était
supérieur à la notre.
Avec ces conditions
particulières, il faut
rendre hommage au staff
médical, à notre
entraîneur et au
président de notre
fédération de football,
ils ont su retaper les
joueurs, j’ai assisté au
dernier entrainement
avant le match du Caire,
leurs visages étaient
métamorphosés, ils
dégageaient une grande
sérénité, je les ai
interviewés, ils étaient
très calmes, c’est comme
s' ils n'allaient pas
jouer une qualification
en coupe du monde. Puis
à Khartoum nous avons
connu l’extase, je
voudrais insister sur le
pont aérien entre Alger
et Khartoum, c’est une
opération de hadj montée
en trois jours ! 12000
supporters Algériens ont
été transportés puis il
fallait les récupérer,
il y a des jeunes qui
sont montés pour la
première fois dans un
avion, c’est une
opération fabuleuse qui
fait la grandeur de
l’Algérie, il nous
arrive souvent de nous
énerver entre Algériens
mais dans les moments
difficiles, je ne sais
par quel miracle un
sentiment exceptionnel
touche les Algériens et
une unité et une
solidarité se crée
autour de la cause
Algérienne, c’est ce qui
c’est passé à Khartoum !
Propos recueillis à
Alger par Kamel AZOUZ |