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TUNIS, Le journaliste
tunisien correspondant
de médias
français, Taoufik Ben
Brik, a été renvoyé en
prison samedi par la
Cour d'appel
de Tunis qui l'a
condamné à six mois
d'emprisonnement pour
violences contre
une femme, à l'issue
d'un procès décrit comme
un affaire politique.
"C'est un verdict
scandaleux, une décision
politique", a protesté
l'avocate
militante des droits de
l'Homme, Radhia Nasraoui,
qui annonçait à la
presse le
verdict, confirmé peu
après de source
judiciaire officielle.
"La Chambre
correctionnelle près la
Cour d'appel de Tunis a
rendu son arrêt
dans l'affaire
poursuivie contre
Taoufik Ben Brik
confirmant le jugement
de
première instance à six
mois de prison pour
coups et blessures
volontaires,
dégradation des biens
d'autrui et atteinte aux
bonnes moeurs", est-il
indiqué.
Taoufik Ben Brik (Zoghlami),
49 ans, réincarcéré à
Siliana (130 km de
Tunis) après sa
comparution le 23
janvier devant cette
cour, était absent
samedi, le jugement
ayant été inscrit aux
greffes.
"Il restera détenu à
Siliana, sauf mesure de
grâce présidentielle ou
pourvoi en cassation
possible dans les dix
jours", a indiqué Me
Nasraoui.
"Encore une fois nous
avons une décision d'Etat
et non de justice", a
réagi
son épouse Azza Zarrad,
affirmant vouloir
"porter l'affaire devant
les Nations
unies".
En première instance
comme en appel, Taoufik
Ben Brik a répété être
la
cible d'un "procès
politique" dans le cadre
d'une "affaire fabriquée
par les
services spéciaux" pour
le punir de ses écrits
hostiles au régime du
président
Zine El Abidine Ben Ali.
"J'ai été arrêté deux
heures après la parution
d'une interview
imaginée"
avec le président, au
moment de sa candidature
pour sa réélection en
octobre
dernier, déclarait-il à
la Cour samedi dernier.
Auteur d'écrits
satiriques ciblant le
chef d'Etat tunisien
dans les médias
français, Taoufik Ben
Brik avait été arrêté le
29 octobre et condamné
le 28
novembre, à la suite
d'une plainte déposée
contre lui par une femme
d'affaires.
Rym Nasraoui, 28 ans,
l'accuse d'avoir
délibérément embouti sa
voiture et
de l'avoir frappée et
insultée devant deux
témoins.
Elle était absente tout
comme les deux témoins
tout au long de la
procédure.
En première instance,
son avocat avait écarté
toute manipulation par
la
police assurant que sa
cliente n'avait pas de
rapport avec la
politique.
Les avocats du
journaliste ont pourtant
plaidé "une affaire
montée de
toutes pièces" et avancé
que leur client n'a
jamais pu être confronté
ni à la
plaignante, ni aux
témoins à charge.
"Le caractère politique
de l'affaire est
manifeste", a affirmé à
l'AFP Me
Nejib Chebbi, autre
avocat du journaliste,
déplorant que la justice
"n'ait
même pas tenu compte du
mauvais état de santé"
de Taoufik Ben Brik
atteint
d'une maladie de
déficience immunitaire.
Son procès a été dénoncé
en France comme un
"procès d'opinion" et a
suscité
des tensions
diplomatiques entre les
deux pays. Son épouse
avait été reçue au
Quai d'Orsay et au
Parlement européen,
alors des voix
s'élevaient en France
pour demander
l'intervention du
président Nicolas
Sarkozy.
M. Ben Ali avait laissé
entrevoir avant le
premier procès une
possibilité
de grâce, en réponse à
un appel de
l'éditorialiste Jean
Daniel du Nouvel
Observateur, un
hebdomadaire auquel
collabore M. Ben Brik.
Le journaliste est par
ailleurs confronté à une
autre affaire de
"violence"
instruite en France sur
plainte d'une
Tunisienne, un autre
"traquenard", selon
ses avocats français.
afp |