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BAMAKO, La branche
maghrébine d'Al-Qaïda,
qui menace
d'exécuter un otage
français enlevé fin
novembre au Mali, a
repoussé à une
date indéterminée son
ultimatum, qui expirait
dans la nuit de samedi à
dimanche, a indiqué
samedi soir à l'AFP un
négociateur malien.
"L'ultimatum a été
repoussé par Al-Qaïda.
J'ai donné l'information
au
gouvernement malien, qui
a communiqué avec la
France" a précisé cette
source
s'exprimant sous couvert
de l'anonymat et qui est
au coeur des
tractations.
"Il n'y a pas de date
précise donnée (pour la
prolongation de
l'ultimatum)
mais il faut qu'on fasse
vite pour trouver une
solution", a ajouté ce
responsable.
"Les gens (d'Al-Qaïda au
Maghreb islamique, Aqmi)
demandent en tout cas la
libération très rapide
de leurs quatre
prisonniers qui sont au
Mali.
Ils ne
demandent rien d'autre",
a ajouté la même source.
Il s'agit du premier
otage français détenu
par Aqmi. Selon une
source
proche du dossier, "ces
derniers jours, Paris a
dépêché à Bamako
plusieurs
émissaires, dont des
proches collaborateurs
de Nicolas Sarkozy (le
président
français) pour obtenir
la libération de l'otage
français".
La branche d'Al-Qaïda au
Maghreb, qui détient en
tout six Européens en
otage, avait menacé le
10 janvier d'exécuter le
Français Pierre Camatte,
si
quatre de ses
combattants (deux
Mauritaniens, un
Algérien et un Burkinabè)
détenus au Mali
n'étaient pas libérés
d'ici le 30 janvier.
Une source proche des
intermédiaires négociant
la libération du
Français
avait également évoqué
une "rançon".
Mais le négociateur
malien a démenti samedi
la demande d'une rançon:
"les
gens qui avaient parlé
de rançon sont des
escrocs qui se disaient
intermédiaires, mais qui
voulaient seulement
empocher de l'argent".
Un peu plus tôt samedi,
le négociateur malien
avait affirmé qu'il
"avait de
l'espoir" que la vie de
l'otage français soit
épargnée.
Mais ces menaces sont
prises d'autant plus au
sérieux que, début juin
2009,
Aqmi avait annoncé avoir
tué, pour la première
fois, un otage
occidental, le
touriste britannique
Edwin Dyer qu'elle
détenait depuis janvier,
Londres ayant
refusé de céder au
chantage des combattants
islamistes.
Ces derniers avaient
d'abord donné aux
autorités britanniques
un ultimatum
de 20 jours pour libérer
l'islamiste radical Abou
Qatada emprisonné en
Grande-Bretagne. Ce
délai avait été prolongé
de 15 jours puis l'otage
avait
été exécuté.
Pierre Camatte, a été
kidnappé par des
inconnus en pleine nuit
le 26
novembre dans un hôtel
de Ménaka, dans le
nord-est désertique du
Mali, près du
Niger.
Agé de 61 ans, M.
Camatte préside une
Association entre la
ville de
Gérardmer (Vosges, est
de la France où il est
domicilié) et Tidarmene,
localité du nord du
Mali.
Il partageait son temps
entre la France et le
Mali, où il s'occupait
notamment de la culture
d'une plante
thérapeutique contre le
paludisme.
La branche maghrébine d'Al-Qaïda
a, plusieurs fois, pris
pour cible la France et
des ressortissants
français ces dernières
années dans la zone
sahélienne.
Fin décembre 2007,
quatre touristes
français avaient été
assassinés dans le
sud de la Mauritanie. Et
début août 2009, un
jeune kamikaze
mauritanien s'est
fait exploser près de
l'ambassade de France à
Nouakchott. Deux
gendarmes
français ont été
blessés.
Le rapt de Pierre
Camatte a été suivi
d'enlèvements en
Mauritanie par des
membres d'Aqmi de trois
humanitaires espagnols,
le 29 novembre, et de
deux
Italiens le 18 décembre,
dont une femme
originaire du Burkina
Faso.
Parallèlement, en
Mauritanie voisine,
l'enquête semble avancer
concernant
les trois otages
espagnols, avec
l'arrestation de quatre
membres présumés
d'Aqmi ces derniers
jours.
afp |