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PARIS, Dominique de
Villepin, relaxé jeudi
dans le
procès Clearstream, a
payé cher politiquement
son affrontement avec
Nicolas
Sarkozy mais cet ancien
hussard de la chiraquie
est persuadé qu'il
tiendra un
jour sa revanche sur son
rival honni, pourquoi
pas dès 2012.
Alain Juppé n'a-t-il pas
dit de lui qu'il serait
"un très bon Premiern
ministre... en temps de
guerre" ? Gaulliste
fervent, féru d'épopée
napoléonienne, M. de
Villepin, 56 ans, a
toujours cru en son
destin et conçoit
la vie comme un
perpétuel combat.
"C'est mon meilleur chef
de commando", a dit de
lui l'ancien président,
Jacques Chirac.
Longtemps homme de
l'ombre, c'est M. de
Villepin qui souffle à
son mentor, pendant les
affaires du septennat,
les fameux
"abracadabrantesque"
et "pschitt". Il est
également l'un des
instigateurs de la
funeste dissolution
de 1997.
Secrétaire général de l'Elysée
de 1995 à 2002, il
devient ensuite ministre
des Affaires étrangères
et apparaît en pleine
lumière en février 2003
lors
d'un célèbre discours à
l'ONU, où il porte le
"non" de la France à la
guerre
en Irak.
Après le Quai d'Orsay,
ce diplomate de carrière
décroche l'Intérieur en
2004 et conquiert de
haute lutte Matignon un
an plus tard après
l'échec du
référendum européen,
succédant à Jean-Pierre
Raffarin sans jamais
avoir
affronté le suffrage
universel.
Une consécration qui
vient récompenser ses
bons et loyaux services
chiraquiens. Ses basses
oeuvres, accusent ses
détracteurs : pour son
ancien
ami, Franz-Olivier
Giesbert, "cet homme
reste avant tout un
Mozart de la
manipulation, tout miel
par devant et sans pitié
par derrière".
Ennemi juré de Nicolas
Sarkozy, qu'il surnomme
"le nain", M. de
Villepin
rêve de lui barrer la
route de l'Elysée, voire
d'accéder lui-même à la
fonction suprême, sans
jamais l'avouer
publiquement.
Dans "Villepin, la
verticale du fou"
(Flammarion), publié
mercredi, la
journaliste Anna Cabana
se livre à une
comparaison entre ces
deux fauves : "Là
où Nicolas Sarkozy (...)
ne se sent vivant que
dans le regard - fût-il
acéré -
des commentateurs,
Villepin, lui est un
narcisse d'un genre
éminemment
singulier.
Il est ce narcisse qui
prétend haïr sincèrement
le narcissisme. Et
les miroirs".
Alors qu'il commence à
espérer pouvoir doubler
son rival, la crise du
CPE
en 2006, qui casse son
image de gaulliste
social, l'affaiblit
fortement.
D'autant que Nicolas
Sarkozy joue habilement
dans ce dossier brûlant.
Et
l'affaire Clearstream,
où le clan Sarkozy
l'accuse d'avoir voulu
détruire son
héros, l'abîme
politiquement, du moins
pour la présidentielle
de... 2007.
Malgré des rabibochages
de façade, la tension
Villepin-Sarkozy reste à
son
comble.
Nicolas Sarkozy, partie
civile dans le dossier
Clearstream, prévient
même, en petit comité :
"Moi quand je tire,
c'est pour tuer, pas
pour blesser".
Dès le début de
l'ouragan, au printemps
2006, et au fil de ce
feuilleton à
rebondissements, M. de
Villepin, à qui même ses
adversaires concèdent du
panache, défend
crânement son honneur.
"Je ne céderai pas
devant les jeux de
la rumeur et de la
calomnie", lâche celui
qui va jusqu'à annoncer
lui-même sa
convocation devant les
juges.
La victoire de Nicolas
Sarkozy à la
présidentielle ne met en
rien un terme
à leur affrontement.
Omniprésent dans les
médias, Dominique de
Villepin
martèle que son rival
use de son statut de
chef de l'Etat pour
faire pression
sur la justice et
s'assurer sa
condamnation.
Et lui, le non-élu, se
présente désormais comme
celui qui veut incarner
"l'alternative" pour
2012. Son Club Villepin
pourrait devenir très
bientôt un
parti à part entière.
afp |