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Les pillages semblaient
encore s'intensifier
mercredi à
Port-au-Prince, deux
semaines après le séisme
qui a détruit la
capitale haïtienne,
alors que l'ONU
s'alarmait de la menace
des chefs de gangs
évadés, des trafiquants
d'enfants et autres
délinquants.
Dans les rues du
centre-ville dévasté par
la secousse du 12
janvier qui a fait
environ 170.000 morts,
selon un nouveau bilan
des autorités
haïtiennes, pillages et
récupérations prenaient
un aspect systématique.
Des habitants
parcouraient les rues
avec des brouettes,
récupérant des
matériaux,
essentiellement du bois
et du métal prélevé sur
des bâtiments effondrés.
A proximité, des
commerçants continuaient
à charger des camions à
l'aide de produits
récupérés dans leurs
boutiques avant le
passage annoncé des
bulldozers qui doivent
déblayer les bâtiments,
effondrés ou non.
Une jeune fille de 16
ans a été retrouvée
vivante sous les
décombres mercredi à
Port-au-Prince, a
indiqué à l'AFP le
commandant Samuel
Bernes, porte-parole de
la Sécurité civile
française.
Le responsable n'était
pas en mesure d'indiquer
explicitement si la
victime était
prisonnière des ruines
depuis le tremblement de
terre.
"Elle était
effectivement très
faible ce qui laisse
présager qu'elle était
là depuis 15 jours",
a-t-il dit, par
téléphone.
"Elle était dans une
poche entourée de
béton", dans le centre
de la capitale, a-t-il
précisé.
Les voisins fouillaient
dans les gravats quand
ils ont entendu une
voix, a-t-il raconté. La
jeune fille a simplement
dit "merci" aux
sauveteurs venus à sa
rescousse.
Près du palais
présidentiel en ruines
que la France devrait
reconstruire à
l'identique, comme l'a
annoncé mercredi le
président haïtien René
Préval, des milliers de
sinistrés se plaignaient
de la faim malgré les
distributions de vivres
assurées par la
communauté
internationale, souvent
dans la bousculade.
"Je ne vais pas me
battre dans la rue pour
un petit peu de
nourriture", confiait
Immacula Cadet, qui
hausse les épaules quand
on lui demande ce
qu'elle a mangé ce matin
ou la veille. "De l'eau,
un peu de jus de fruit".
Dans toute la ville, des
panneaux fléchés
s'adressaient aux
sauveteurs en français,
en anglais ou en
espagnol. "Nous avons
besoin d'aide, de
nourriture, d'eau, de
médicaments", dit l'un
d'entre eux à l'entrée
d'un camp de sinistrés.
Haïti compte au moins un
million de sans-abri
depuis le séisme.
A Croix-des-Bouquets, à
une trentaine de
kilomètres de la
capitale, un terrain
prévu par les autorités
pour installer une "mini-ville"
de sinistrés
n'accueillait pas la
moindre tente. Le
ministre de la Santé
d'Haïti, Alex Larsen, a
indiqué lundi que les
autorités disposaient de
400.000 tentes
familiales pouvant
chacune accueillir entre
cinq et dix personnes.
La sécurité des
sinistrés inquiétait les
Nations unies. A Genève,
la Haut commissaire de
l'ONU pour les droits de
l'homme, Navi Pillay, a
exprimé ses "craintes
que des prisonniers
évadés des prisons
d'Haïti, dont des
gangsters endurcis,
puissent se procurer des
armes et s'engagent dans
des activités
criminelles violentes".
Elle a également fait
état d'informations
"alarmantes sur des
exécutions sommaires (de
criminels présumés) par
des foules en colère".
"La situation actuelle
en Haïti est un
environnement favorable
pour les trafiquants,
ceux qui fournissent des
adoptions illégales, ou
d'autres qui veulent
profiter de la
situation", a averti
l'Unicef.
Le président haïtien a
annoncé mercredi que les
cadavres de "près de
170.000" victimes ont
déjà été ramassés, un
chiffre supérieur aux
150.000 morts évoqués
dans les dernières
estimations.
Il a évoqué la
possibilité d'un report
des élections
législatives prévues fin
février en raison du
séisme, et a précisé que
225.000 habitations et
25.000 bâtiments de
commerce ont été
détruits totalement ou
partiellement.
Selon une étude publiée
mercredi aux Etats-Unis,
près de la moitié des
quelque 250.000 blessés
du séisme seraient des
enfants.
Les Etats-Unis ont
dépêché quelque 20.000
soldats sur zone pour
organiser les secours.
Mercredi, Ronald Waldman,
le coordinateur de
l'action sanitaire menée
par ce pays a indiqué
que 11.600 blessés
avaient été pris en
charge jusqu'à
maintenant par les
services des
départements de la
défense et de la santé
américains.
L'amiral Ted Branch,
commandant du
Carl-Vinson,
porte-avions américain
d'où une partie de
l'aide est distribuée et
où des blessés sont
opérés, a indiqué
mercredi que les
hélicoptères de la Navy
avaient notamment livré
160 tonnes de nourriture
ainsi que de l'eau et
des fournitures
médicales.
Dans le sud du pays,
l'aéroport de Jacmel, a
été remis en service
mardi par le Canada. Cet
aéroport doit permettre
de désengorger l'aide
humanitaire qui arrive à
Port-au-Prince.
Le Fonds monétaire
international (FMI) a
annoncé mercredi que son
conseil d'administration
avait approuvé le
versement d'ici à la fin
de la semaine de 114
millions de dollars à
Haïti.
afp |