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GONESSE (Val-d'Oise),
"Boule de feu", "bruit
d'enfer",
"grosse peur", "fumée
noire": à Gonesse
(Val-d'Oise), personne
n'a oublié ce
25 juillet 2000, où le
Concorde s'est écrasé à
la sortie de la ville.
Patrick Tesse, 58 ans,
ancien propriétaire des
Relais Bleus, hôtel
voisin
de celui sur lequel est
tombé le Concorde, est
exceptionnellement de
retour
sur les lieux du drame,
au lieu dit de la "patte
d'oie".
Il raconte son 25
juillet 2000: "Il
faisait très chaud,
j'étais dans mon
bureau au téléphone, la
fenêtre ouverte".
"Il y a eu un bruit
d'enfer et face à moi le
Concorde en feu", se
rappelle-t-il, ému. "La
vie ne défile pas devant
ses yeux dans ce cas-là,
on
pense surtout à sauver
sa peau", ajoute-t-il.
Il s'est précipité dans
le hall de l'hôtel:
"J'ai vu le Concorde, il
est
tombé", lance-t-il alors
à son associé. "C'est
pas possible, le
Concorde ne
tombe pas !", lui répond
celui-ci.
"Le mur de feu", "la
chaleur incroyable",
"les projections de
métal",
"l'odeur de kérosène et
de chair brûlée", M.
Tesse n'a rien oublié.
Cet
événement a fait éclater
sa vie professionnelle
et familiale.
Après des nuits de
cauchemars et une grave
dépression pour laquelle
il est
toujours soigné, il a
tenté de fuir le site.
Pour "cesser d'avoir des
avions
qui passent au-dessus de
la tête et avoir envie
de se cacher sous la
table",
il s'est réfugié dans le
sud de la France. Depuis
quelques années, il est
de retour dans la région
parisienne. Mardi,
il sera partie civile
pour que sa "souffrance
soit reconnue".
Son réceptionniste, qui
a gardé le même poste,
n'a pas non plus oublié.
"J'étais à la même
place, à ma réception.
J'ai entendu le patron
hurler dans
son bureau. Puis, j'ai
entendu une explosion et
face à moi j'ai vu une
boule
de feu", lance Ali
Altunisik, 38 ans.
"Je n'avais jamais vu le
Concorde de ma vie et il
est tombé devant moi",
ajoute celui qui se dit
"très, très chanceux car
ce jour-là, il n'est pas
tombé" sur lui.
A côté des Relais Bleus,
une stèle à la mémoire
des victimes a été
dressée.
Derrière, s'étend le
terrain où s'est écrasé
le Concorde. Laissé en
friche car
longtemps placé sous
scellés, il n'a trouvé
aucun acquéreur lors
d'une vente
aux enchères jeudi.
Dans le centre-ville,
les habitants de Gonesse
n'ont rien oublié. "Cela
faisait deux ou trois
minutes que je venais de
passer en voiture avec
mon
bébé", raconte Corinne,
la quarantaine. "On l'a
vu, il y a eu des éclats
sur
la route, on a eu une
très grosse peur",
souffle-t-elle,
trahissant son
émotion.
Près de la mairie où est
affichée une banderole
réclamant la fin des
vols
de nuits à Roissy,
Laurent, 51 ans, se
souvient avoir été "dans
le jardin avec
(son) père" et avoir vu
"une grosse boule de
fumée noire".
Il a d'abord "cru à
l'explosion d'une
usine".
Jean Meunier, 77 ans,
ancien commandant de
l'aéroport du Bourget
avait
aussi d'abord cru qu'il
"y avait le feu chez les
voisins". "Tout le monde
a
été traumatisé, on a
pensé qu'il aurait pu
s'écraser sur l'hôpital.
Dix ans
après c'est toujours
dans les mémoires",
admet ce professionnel
de
l'aéronautique.
"Les enfants m'ont dit
+l'avion est tombé+,
j'ai vu une boule de
fumée mais
je me suis dit qu'ils
s'étaient trompés",
raconte Marie-France.
"J'étais à la maison, il
y a eu un grand bruit,
une explosion, plein de
fumée.
L'avion aurait pu
s'écraser sur nous", se
rappelle Catherine, 39
ans
qui depuis l'accident,
"regarde les avions
quand ils sont trop
bas", croyant
"qu'ils vont tomber".
afp |