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AL-KHOBA (Arabie
Saoudite), De son
avant-poste au
sommet de Jebel al-Doud,
le général de brigade
saoudien Saïda
al-Ghamedi ne
rate aucun mouvement
alors que l'écho des
combats résonne dans la
vallée
proche de la frontière
avec le Yémen.
"C'est par là que les
Houthis (rebelles
yéménites) passent et
nous avons
coupé la route
d'approvisionnement",
dit-il mercredi en
désignant le massif
montagneux constituant
la frontière très
poreuse entre l'Arabie
saoudite et le
Yémen.
La veste alourdie par
les grenades et les
munitions, l'officier
commandant
le secteur affirme que
la campagne militaire
prenait fin après
l'annonce lundi
des rebelles chiites de
leur retrait du
territoire saoudien.
"Ils ne se sont pas
repliés, ils ont été
chassés", affirme-t-il,
soulignant
que la campagne de près
de trois mois a été un
succès.
La crête et ses
environs, y compris une
portion de territoire de
plusieurs
kilomètres à l'intérieur
du royaume saoudien,
étaient jusqu'à
récemment sous
le contrôle des
rebelles.
L'infiltration rebelle
début novembre a
entraîné la plus grosse
mobilisation de l'armée
saoudienne depuis celle
de sa participation à la
guerre du Golfe en
1990-91.
Des milliers de soldats,
entraînés pour les
combats du désert,
soutenus par
l'artillerie lourde, se
sont retrouvés au début
en difficulté face aux
rebelles utilisant les
tactiques de guérilla et
familiers du terrain
accidenté.
Le prince Khaled ben
Sultan, adjoint du
ministre saoudien de la
Défense,
avait prédit une fin
rapide de la campagne et
peu de pertes humaines.
Mais c'était prématuré.
Avec la multiplication
des pertes, l'armée
saoudienne a dû faire
intervenir les
hélicoptères d'assault
Apache, les avions
de combat F-15 et
Tornado pour attaquer
les positions des
Houthis bien à
l'intérieur du
territoire yéménite,
selon des analystes
militaires.
En trois mois, l'armée
saoudienne a pris le
dessus de son côté de la
frontière grâce à ses
équipements occidentaux
notamment les moyens de
vision
nocturne et les drones
de surveillance.
Les avants-postes, dont
certains sont exigus,
témoignent de la rudesse
de
l'effort qui a coûté la
vie à 109 militaires
saoudiens.
Mais les tirs incessants
montrent que les
rebelles ne sont pas
tous partis.
"Certains Houthis ont
tenté de traverser la
vallée la nuit dernière,
on les a
vus avec les équipements
de vision nocturne",
déclare un soldat
servant une
mitrailleuse de calibre
50.
Quand la campagne
saoudienne a commencé,
certains analystes ont
prédit que
le royaume allait
conduire la guerre
contre les rebelles qui
combattent par
intermittence l'armée
yéménite depuis 2004.
Mais l'Arabie saoudite a
précisé qu'elle ne
faisait que "défendre sa
souveraineté" et n'avait
pour intention que de
"jeter les envahisseurs
dehors".
Pour Ryad, les Houthis
avec leurs nombreux
liens avec des tribus
saoudiennes de la zone
frontalière sont aussi
dangereux que d'autres
menaces
comme celles d'Al-Qaïda
ou du trafic d'armes
transfrontalier.
Le royaume soupçonne
aussi son rival iranien
d'aider les Houthis même
si
les preuves manquent
pour le soutenir.
La question a été posée
au prince Khaled qui est
resté évasif tout en
suggérant qu'une telle
aide existe.
Les rebelles "ne peuvent
pas conduire une
telle guerre par
eux-mêmes", a-t-il
répondu.
En repoussant les
rebelles, l'Arabie
saoudite a vidé des
villages entiers
du secteur frontalier,
déplaçant quelque
100.000 personnes vers
l'ouest en
direction de la mer
Rouge.
Elle veut créer une zone
tampon de 10 km de
profondeur de chaque
côté de la
frontière et le prince
Khaled a redit ne pas
avoir confiance en
l'offre de
paix des Houthis et
demandé que l'armée
yéménite s'installe du
côté opposé de
la frontière.
afp |