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TOULOUSE, Henri
Perrier, prévenu au
procès de
l'accident du Concorde
comme ancien directeur
du programme chez
Aérospatiale,
a participé au premier
vol du supersonique en
1969 et vécu 30 ans
d'aventure
"exaltante" dans
l'intimité de l'avion.
A quelques jours du
procès, l'ancien
directeur des essais en
vol
d'Aerospatiale
(1976-1989), ne souhaite
cependant pas s'exprimer
sur
l'accident de Gonesse
(113 morts le 25 juillet
2000), ni sur le dossier
judiciaire.
A 80 ans, Henri Perrier,
physique de rugbyman,
garde une voix forte,
assurée, pour parler
d'un ton vif de sa vie
professionnelle, même
s'il refuse
le "sentimentalisme" et
n'adhère pas au "mythe
entretenu par les
amoureux du
supersonique en France
et encore plus chez les
Britanniques".
Diplômé de Supaero, il a
fait toute sa carrière
dans le groupe
aéronautique
public devenu
Aerospatiale (fondu en
2000 dans EA Ingénieur
navigant depuis 1955, il
participe aux essais de
Caravelle avant
de rejoindre en 1963 la
petite équipe d'André
Turcat pour développer
l'avion
supersonique de
transport
franco-britannique.
Il va vivre treize ans à
plein temps pour
Concorde, faisant le
premier vol
le 2 mars 1969, les
essais supersoniques
jusqu'à Mach 2, le
premier
Washington-Orly le 26
septembre 1973, jusqu'à
la mise en service
commercial le
21 janvier 1976.
"On n'est pas des héros,
mais c'est vrai que
Concorde a été une vraie
rupture: il a fallu sept
ans du premier vol à la
mise en service, on a eu
du
mal, on a tout changé en
cours de route pour
réussir à faire 6.000 km
en
supersonique",
explique-t-il.
"J'ai eu la chance de
vivre des années
professionnelles
exaltantes,
passionnantes, j'ai été
récompensé parce qu'on
est tous venus à bout du
défi
technique", assure-t-il.
Un succès cependant
suivi d'un échec
commercial, qui "n'est
pas lié au choc
pétrolier de fin 1973.
Les annulations
américaines sont tombées
début 1973,
quand les compagnies ont
préféré investir dans le
transport de masse et le
747
que dans le luxe",
explique l'ancien
ingénieur.
"Avec les plaintes
écologistes contre le
bruit, on a su que cela
ne
rebondirait pas, mais
des deux côtés de la
Manche on a décidé de
continuer: on
était près de
l'objectif, une
capitulation aurait été
dramatique pour l'image
européenne",
affirme-t-il.
"Airbus a profité de
Concorde: on a
bouleversé les méthodes
de travail,
installé les premières
commandes de vols
électriques", dit-il.
Directeur des essais en
vol, forts de plusieurs
centaines d'ingénieurs
et
techniciens, en 1976 au
départ d'André Turcat,
M. Perrier dirige la
campagne
des avions de transport
régional ATR et
collabore à la cellule
d'essais en vol
d'Airbus.
Concorde l'occupe moins
: "On fait quelques
améliorations avec un
avion d'essai jusqu'en
1982", se rappelle-t-il.
A partir de 1978, il
prend deux autres
casquettes : inspecteur
de la
politique des essais d'Aerospatiale
et directeur du
programme Concorde.
A l'en croire, cette
fonction ne comporte pas
de tâche opérationnelle
: "Je
n'ai qu'une personne
avec moi, le bureau
d'études et la direction
technique
sont responsables des
modifications à apporter
à l'avion, j'ai quelques
réunions de coordination
avec gouvernements et
clients".
Henri Perrier quitte les
essais en vol à 60 ans
en 1989, mais garde ses
autres fonctions jusqu'à
sa retraite fin juin
1994.
En 2000, le ministre des
Transports le nomme à la
commission d'enquête
technique sur
l'accident.
Il conseillera aussi le
bureau d'études d'EADS
pour
la remise en service du
Concorde à l'automne
2001 avec des pneus et
réservoirs
renforcés.
Le supersonique
s'arrêtera
définitivement en juin
2003, pour des raisons
essentiellement
économiques,
estime-t-il.
afp |