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La Mairie
de Paris s’apprête à donner, ce jeudi 3 juillet 2008, le nom
de Matoub Lounès, à une rue du 19ème arrondissement de
Paris. Le grand chanteur kabyle aimait beaucoup la ville
Lumière.
La rue en question portera officiellement le nom de «
Matoub Lounès, poète chanteur algérien d’expression berbère
assassiné en Kabylie le 25 juin 1998 ».
Dix ans après son assassinat, Matoub Lounès demeure
toujours une référence dans le domaine de la musique kabyle.
Poète et artiste engagé, Matoub Lounès est même devenue une
légende dans son pays, l’Algérie, et au sein de l’émigration
nord-africaine en France. Matoub Lounès avait chanté
l’amour, la révolte, la lutte contre l’intégrisme et la
défense de sa langue maternelle, le kabyle. Né le 25 janvier
à Taourirt Moussa, en Haute Kabylie, il quitte l’école qui
n’enseigne pas la langue de ses ancêtres et se consacre à la
création musicale. Son premier album, Ay Izem (le lion),
paraît en 1978 ; ses compositions de la musique classique
algérienne, pleines d’innovations, lui ouvrent le chemin du
succès.
Une année après, Matoub Lounès récidive avec un autre
album, Ay aqcic (l’enfant) qui place le chanteur parmi les
meilleurs interprètes de l’Afrique du Nord. Jusqu’à 1990,
aucun média de son pays, l’Algérie, ne parle de lui :
complètement boycotté, Matoub Lounès réussit néanmoins la
prouesse d’être le chanteur kabyle le plus populaire. En
1983, il se produit à l’Olympia et fait un tabac. En 1988,
il est mitraillé par les gendarmes : au bout d’une longue
hospitalisation et de 17 opérations chirurgicales, il
reprend la chanson. Dans son album, l’Ironie du sort, sorti
en 1989, il revient sur cet épisode douloureux. Sa musique
est alors mieux travaillée et Lounès Matoub devient un
pilier de la chanson châabi.
Le 25 septembre 1994, il est enlevé par un groupe armé. Au
terme d’une forte mobilisation populaire, il est libéré
après une vingtaine de jours de captivité. Dans son ouvrage,
Rebelle, publié aux éditions Stock, en 1995, il raconte
l’enfer de son enlèvement. La même année, Matoub Lounès
reçoit le prix de la Mémoire, remis par Danielle Mitterrand.
Le 25 juin 1998, il est assassiné sur la route menant de
Tizi-Ouzou à Ait-Douala, sa région natale.
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