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C’est une rencontre d’un genre nouveau que va abriter la
capitale française ce dimanche 13 juillet 2008. De nombreux
dirigeants de la planète y seront pour construire un projet
cher au président français, Nicolas Sarkozy.
Outre plusieurs sujets de premier ordre, la question de
l’immigration ne manquera pas de focaliser les débats. C’est
dans cette optique que les responsables de Médecins sans
frontières ont élevé la voix. Au cours d’une conférence de
presse, organisée à Bruxelles, le vendredi 11 juillet 2008,
ils demandent aux dirigeants invités à Paris pour le
lancement de l’UMP l’amélioration d’urgence des conditions
d’accueil des migrants sur leurs territoires.
MSF demande aux pays d’accueil « d’assurer des examens
médicaux et une aide médicale d’urgence ». L’organisation
non gouvernementale insiste également pour que ces pays
mettent à la disposition des centres de rétention des
traducteurs pour aider les arrivants à faire valoir leurs
droits. Mais dans bien des cas, ces droits sont bafoués dans
de nombreux pays européens.
MSF informe également que désormais il y a de plus en plus
de femmes et d’enfants qui viennent, dans des conditions
dangereuses et risquées, tenter leur chance en Europe. Au
même moment, Paris est sous haute surveillance. Plusieurs
itinéraires de bus sont déviés et passent loin du grand
Palais où se réuniront près de 40 dirigeants de pays, venus
du bassin méditerranéen ou d’Europe.
Les grands thèmes d’action de l’UMP seront le
développement, les migrations, la paix, le dialogue des
civilisations, l’accès à l’eau et à l’énergie. Des thèmes
déjà traités par le processus de Barcelone, depuis des
années, sans qu’il y ait d’évolution notable, à quelque
niveau que ce soit.
Le projet de déclaration finale de cette rencontre est déjà
connue ! Le quotidien le Monde (dans son édition d’hier)
affirme avoir obtenu une mouture. Des tas de généralités
parsèment cette déclaration et la question de la paix au
Proche-Orient semble poser problème. Les pays arabes
souhaitent voir une référence dans le texte à l’Initiative
de paix de la Ligue arabe de 2002 et un appel à un «
Proche-Orient libre d’armes de destruction massive ».
Certains pays arabes voudraient également que la Ligue
arabe obtienne un statut d’observateur dans l’UMP. La
localisation du secrétariat destiné à piloter les projets de
l’Union n’est pas encore tranchée : Barcelone, l’Algérie, le
Maroc, la Tunisie sont sur les rangs. En fait, beaucoup de
questions secondaires seront renvoyées à une réunion des
ministres des Affaires étrangères du processus Euromed,
prévu début novembre prochain.
Sous un autre registre, la Turquie peut s’estimer heureuse
dans la mesure où le projet de déclaration finale confirme
son statut de candidat à l’adhésion à l’Union européenne. En
revanche, les avancées démocratiques, la liberté de
circulation des personnes, les droits de l’Homme ne sont pas
des priorités de l’UMP. Dans une tribune publiée par le
quotidien le Monde, l’universitaire algérien, Ali Bensaad (maitre
de conférences à l’université de Provence), se demande si
l’Europe veut contenir le Sud ou bien s’ouvrir à lui ? Pour
lui, l’UMP risque de reproduire la déception de Barcelone en
la creusant.
De son côté, l’ancien ministre algérien, Mustapha Chérif
plaide, dans une autre tribune, publiée par le même journal
pour un diagnostic sans complaisance entre le Nord et le
Sud. Ainsi, il estime que l’islamophobie, marquée par des
débordements de la xénophobie et des délires médiatiques
amplifient les dérives des groupes extrémistes et les
contradictions des systèmes du Sud. |