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L'ouvrage retraçant les mémoires du moudjahid Mostefa
Boudina, intitulé « rescapé de la guillotine », ex-condamné
à mort par le colonialisme français, a été présenté par son
auteur, samedi à Alger.
Selon l’APS, ce livre se veut un récit « fidèle » des
conditions de captivité des condamnés à mort algériens dans
le « couloir de la mort » de la prison de Fort Montluc
(Lyon), durant la période allant de 1956 à 1962. Traqué
pendant six mois par les services de sécurité français et
arrêté dans une cité habitée par les Nord africains à Lyon,
M. Boudina condamné à mort, a-t-il dit, suite à un jugement
« expéditif du tribunal » militaire de Lyon, a retracé dans
son récit l'atmosphère qui régnait dans la prison et le
quotidien d'un condamné à mort qui vit dans l'attente « de
passer par la guillotine ».
Dans ce contexte, il a révélé que dans la prison de Fort
Montluc, il a vécu l'exécution de trois militants de la
Fédération de France du Front de libération nationale (FLN),
à savoir Bouguendoura Miloud, Lekhlifi Abderrahmane et
Makhlouf Abdelkader. Il a également souligné que les
condamnés à mort supportaient cette vie d'attente des
bourreaux, en meublant leurs journées par des cours
prodigués par l'auteur dans une salle de lecture qu'ils ont
obtenu à l'arraché, a-t-il précisé, après 15 jours de grève
de la faim.
Il a, à cette occasion, appelé les condamnés à mort, dont
le nombre aujourd'hui ne dépasse pas le millier, à s'atteler
à restituer cette mémoire au peuple algérien. « C'est en
dénonçant le colonialisme et en relatant ses atrocités que
l'on pourrait rapprocher les peuples algérien et français »,
a-t-il estimé à ce sujet.
Il a, par ailleurs, souligné que l'Association des
condamnés à mort durant la guerre de libération nationale et
dont il assure la présidence, perpétuera la mémoire de plus
de 200 guillotinés, en instaurant la journée du 19 juin
comme Journée nationale des guillotinés. Il a expliqué la
revendication de son association par le fait que cette date
coïncide avec celle de l'exécution des premiers condamnés à
mort, à savoir Zabana et Faradj, guillotinés tous les deux
au même moment, le 19 juin 1956. |