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Réagissant à la mise en examen d’un journaliste du magazine
Auto-Plus, Noël Mamère estime, ce jeudi 17 juillet 2008,
selon l’AFP, que « le métier de journaliste en France est
devenu dangereux ». Le journaliste en question est mis en
examen pour « recel d’abus de confiance » et « révélation du
secret de fabrique ». Pour le député des Verts, le métier de
journaliste en France « s’exerce sous haute surveillance du
pouvoir ». Ancien journaliste lui-même, Noël Mamère ajoute
que « cette affaire est révélatrice de l’hypocrisie du
gouvernement quant au statut des journalistes dans notre
pays ». Pour le député-maire de Bègles, « la loi sur la
protection des journalistes n’était qu’un leurre qui visait
à cacher la réalité de ce que souhaitait le gouvernement :
contrôler les journalistes ».
Après l’Assemblée nationale française, le Senat vient
d’adopter un projet de loi sur la protection des sources des
journalistes mais le texte n’a pas été définitivement adopté
par les deux chambres.
Cette affaire du journaliste de la revue Auto-Plus qui
subit la plainte de Renault arrive à un moment où la presse
française traverse des moments de turbulence.
Grande première dans la presse écrite française : le
quotidien Libération a été distribué gratuitement le
vendredi 11 avril 2008 et tiré à 500000 exemplaires, bien
plus que son tirage habituel. Racheté, en partie, par le
milliardaire Edouard de Rothschild, Libération a vécu de
gros problèmes l’année passée. Avec un nouvel directeur,
venu de l’hebdomadaire le Nouvel Observateur, Laurent
Joffrin, Libération avait lancé une nouvelle formule qui a
apparemment fait progresser les ventes de 3,7 %. Mais ce
journal de la gauche libre est loin derrière « 20 minutes »,
le quotidien gratuit qui est lu, chaque jour, par plus de 2
500 000 personnes. En ce faisant gratuit, pour une seule
journée, Libération espère gagner de nouveaux lecteurs.
Cette tache s’avère difficile depuis l’avènement de
plusieurs quotidiens gratuits tels Métro, Matin plus ou
encore Direct soir. Il semble que la réussite des journaux
gratuits gêne considérablement les quotidiens nationaux
d’information en France.
De son côté, le quotidien du soir le Monde n’est pas sorti
dans les kiosques plusieurs fois, ces derniers temps, à
cause d’une grève motivée par un plan social qui prévoit le
départ de 130 salariés dont les 2/3 au sein de la rédaction.
La situation dans ce journal de référence en France ne
semble pas s’améliorer ; le bras de fer entre la direction
et les syndicats prend des proportions alarmantes pour
l’avenir de ce quotidien.
Le quotidien de droite, le Figaro, n’est pas mieux loti :
des sources fiables parlent aussi d’un plan social dans
cette publication.
Pour rappel, les quotidiens l’Humanité et France-soir
éprouvent toujours du mal à fidéliser un lectorat qui
diminue de jour en jour. France-soir est encore revenu,
récemment, avec une nouvelle formule (par un prix réduit à
0,70 euro, au moment où le Monde est cédé à 1,30 euros) mais
les chances de succès de cette nouvelle tentative restent
minces. Dans l’ensemble les quotidiens nationaux
d’information semblent passer par des moments difficiles. Ce
qui incite des collectifs rédactionnels à tenter
l’expérience des publications sur le net. C’est le cas d’un
groupe de journalistes de Libération qui a créé « rue89.com
» ou encore de l’ancien directeur de la rédaction du Monde,
Edwy Plenel, qui, avec d’autres confrères, a fondé un site
payant, « Mediapart.com ». Dirigé par Nicolas Beau, ancien
journaliste du Canard enchaîné, le site « bakchich.info »
existe depuis mai 2006. En revanche, les différents
magazines d’information se portent plutôt bien : dans
l’ensemble, les Français optent pour la lecture de ces
périodiques.
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