|
En
visite officielle en Irak, Barack Obama devrait clarifier ce
lundi sa position sur la stratégie à adopter dans la guerre
américano-irakienne. Le probable candidat démocrate à la
présidence américaine, qui s’est toujours opposé au conflit,
préconise un retrait des troupes d’ici deux ans et songe à
recentrer les effectifs militaires sur l’Afghanistan.
« Dès
mon premier jour comme président, je donnerai aux militaires
une nouvelle mission : mettre fin à la guerre ». Après cette
déclaration, faite la semaine dernière au New York Times,
la visite de
Barack Obama en Irak était fortement attendue. Le
probable candidat démocrate à la présidence américaine est
arrivé lundi matin à Bagdad pour une visite officielle qui
vise à définir clairement sa position sur le conflit
américano-irakien. Accompagné d’une délégation
parlementaire, le sénateur de l’Illinois doit rencontrer des
membres du gouvernement irakien - dont le premier ministre
Nouri Al-Maliki -, le chef des troupes américaines basées en
Irak, le général David Petraeus, ainsi que des soldats.
Retirer les troupes d’Irak
Le
démocrate a promis d’élaborer, s’il est élu en novembre, une
stratégie permettant de retirer en 16 mois les 146 000
soldats formant les unités de combat. S’il souhaite un
retrait d’Irak, le candidat démocrate plaide pour l’envoi de
forces supplémentaires en Afghanistan, où la situation lui
paraît « urgente et précaire ». Selon lui, la stratégie
américaine actuelle se concentre uniquement sur l’Irak au
lieu de se consacrer à la lutte contre les talibans et
Al-Qaeda.
En
réponse au plan de retrait de Barack Obama, le chef du
gouvernement irakien Nouri Al-Maliki a commenté dans une
interview accordée à Der Spiegel : « Nous trouvons
que ce serait le bon délai ». Il a cependant par la suite
nuancé cette déclaration : dans un communiqué, son
porte-parole a indiqué que ses propos ne devaient pas être
interprétés comme un soutien officiel à un candidat.
L’Irak, enjeu majeur de l’élection américaine
La
visite de Barack Obama constitue un symbole fort, le dossier
irakien représentant la pierre d’achoppement de la politique
des deux adversaires.
Dès
2002, Barack Obama s’est officiellement opposé à la guerre
en Irak et a depuis conservé cette position. Il y a quelques
semaines, il l’avait pourtant modérée en n’excluant pas d’
« affiner » son jugement sur la question, dans une tentative
de séduction de l’électorat indépendant. En dépit de ce
recentrage, une large tranche de l’électorat américain,
lassée d’une guerre qui n’en finit plus, soutient Obama dans
sa volonté de pacifier l’Irak. Le sénateur de l’Illinois se
démarque ainsi de John McCain, qui estime que la présence
américaine en Irak est inévitable et qu’il faut y rester le
temps nécessaire.
A
noter que le candidat républicain accuse régulièrement son
opposant de manquer d’expérience et de maturité sur les
questions internationales de défense. Dernier exemple en
date : il a reproché à son adversaire d’avoir « dévoilé sa
stratégie pour l’Afghanistan et l’Irak avant même une
mission de recueil d’éléments sur le terrain ».
|