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Un
spectacle d’un nouveau genre est venu fleurir l’avenue
Mohammed VI au Maroc
Implanter
un music-hall au Maroc. La prouesse est le résultat de
l’acharnement d’un Français. Claude Thomas a ouvert en mai
dernier un cabaret baptisé "Les Folie’s de Marrakech". Une
révolution réussie pour cet ancien restaurateur qui dû faire
rimer la culture marocaine avec le monde du show.
Les
baisers se font sur la joue, les voiles se posent sur les
corps des danseuses et les débardeurs sur le torse des
hommes. Bienvenue aux
Folie’s de Marrakech ! Ce music-hall a élu
domicile sur l’avenue Mohammed VI depuis le 8 mai 2008. A la
tête de ce lieu, un Français passionné par le music-hall :
Claude Thomas. L’ancien restaurateur s’est reconverti dans
le cabaret.
Venir à bout des préjugés liés au music-hall
Après des représentations au Québec et aux Etats-Unis, le
Lillois a décidé de tenter l’aventure au Maroc. « Je suis
parti en vacances à Marrakech, ça a été le coup de foudre.
J’ai vu l’avenue Mohammed VI avec ses restaurants, ses
palaces, il manquait quelque chose… Un music-hall ! »,
raconte Claude Thomas. Un rêve qu’il concrétise avec l’aide
de son cousin. Il achète cinq hectares et construit une
salle de 2 000 mètres carré pouvant accueillir 1100 clients
pour un diner spectacle.
Pour mettre en place son show, Claude Thomas organise un
grand casting dans le royaume. Cinquante artistes marocains
- acrobates, danseurs, jongleurs issus de tous les univers,
même des enfants des rues - sont sélectionnés et formés
pendant neuf mois. L’aventure peut alors commencer.
Oui, mais voilà, le cabaret souffre de certains préjugés au
Maroc. Il est considéré comme un endroit de débauche,
souvent fréquenté par les prostituées. Pas facile dans ces
conditions d’installer un music-hall en plein Marrakech.
Pour convaincre le public, le Français déploie les grands
moyens. « J’ai contacté des radios, des télévisions pour
expliquer mon spectacle, j’ai fait venir mes danseurs, mes
acrobates. Je voulais sensibiliser les personnes au show »,
explique Claude Thomas. « J’ai fait appel à une
passementière voilée de la troupe pour les costumes, on ne
voit pas de corps nus », ajoute-t-il. Le music-hall reste
compatible avec la religion et la culture marocaine. Et le
public ne s’y trompe pas. « Aujourd’hui il y a plus de
marocains que de touristes qui viennent voir le spectacle.
Des femmes, des enfants, tout le monde y trouve son
compte », confie l’ancien restaurateur lillois.
Les artistes marocains à l’honneur
Sur une idée originale de Claude Thomas, Les Folies de
Marrakech est un voyage au cœur d’un monde fantaisiste
où funambules, acrobates, jongleurs et danseurs s’animent
avec grâce sur scène. « Le Maroc avait besoin de voir ses
artistes de les reconnaître. C’est un royaume en plein
changement », explique le créateur du show. « Ce pays doit
s’ouvrir à la scène et je compte bien l’y aider en ouvrant
la première école de danse au Maroc », conclut-il. Affaire à
suivre.
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