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Les
menaces de la Cour Pénale Internationale (CPI) contre le
président soudanais sont fortement remises en cause. Le
Procureur de la CPI a accusé le 14 juillet Omar El-Béchir
d’être responsable des crimes commis au Darfour depuis 2003.
Ces accusations ont provoqué une levée de boucliers de la
part d’instances internationales, et notamment africaines,
qui souhaitent que l’affaire soit jugée à l’échelle
nationale.
Les trois plus hauts chefs d’accusation : crimes de guerre,
crimes contre l’humanité et génocide. Tels sont les soupçons
formulés par la Cour Pénale Internationale (CPI) contre le
président soudanais Omar El-Béchir pour son rôle présumé
dans les exactions commises au Darfour (Ouest) depuis 2003.
Le 14 juillet dernier, le Procureur Luis Moreno Ocampo a
demandé un mandat d’arrêt international
contre le chef d’Etat soudanais mais il s’est heurté à
plusieurs entités internationales. A l’instar de l’Union
Africaine et de la Ligue Arabe.
Haro sur la justice internationale
L’Union Africaine (UA) a demandé un report de la procédure
d’une durée d’un an au moins. Elle s’est pour cela appuyée
sur l’article 16 des Statuts de Rome qui régissent la CPI.
Selon le texte, le Conseil de Sécurité de l’ONU peut opposer
son véto et geler les poursuites engagées par la Cour si
elles menacent la sécurité et la paix internationales. Et
c’est effectivement un risque qu’encourt le Soudan selon l’UA,
qui estime que la condamnation d’Omar El-Béchir
constituerait un frein au processus de paix au Darfour. Un
avis que partage la Ligue Arabe.
Beaucoup accusent en outre la CPI de tenter d’intimider les
pays Africains en brandissant la menace d’une justice
internationale supplantant les tribunaux nationaux. Selon le
porte-parole de la Communauté des Etats Sahélo-sahariens (CEN-SAD),
qui qualifie les accusations du Procureur de « politiques et
non judiciaires », « s’il y a une poursuite, ce sera en
Afrique, par des Africains, par des tribunaux africains ».
Une façon de rappeler à la CPI qu’elle outrepasse ses
attributions puisqu’elle n’est habilitée à intervenir que
lorsque les Etats concernés n’ont pas voulu ou pas pu
entamer de procédure.
Justement, lors de son déplacement au Darfour cette
semaine, le président soudanais, qui rejetait toute
collaboration avec la CPI, a annoncé sa volonté de voir les
auteurs de crimes punis. Dans ce but, il a proposé la
création de Tribunaux Spéciaux à Khartoum habilités à juger
les responsables locaux, y compris Omar El-Béchir lui-même,
d’après la Ligue Arabe. Certains membres du Conseil de
Sécurité, qui ne voyaient pas d’un très bon œil une
procédure internationale, ont déclaré soutenir le chef de l’Etat
soudanais dans son projet.
Quelles prérogatives pour la CPI ?
L’établissement de Tribunaux Spéciaux permettrait au
président El-Béchir d’échapper à d’éventuelles poursuites
internationales. Ces nouvelles instances seraient en effet
prioritaires sur la CPI puisque « peut contester la
recevabilité de l’affaire [par la CPI] (…) l’État qui est
compétent à l’égard du crime considéré du fait qu’il mène ou
a mené une enquête, ou qu’il exerce ou a exercé des
poursuites en l’espèce ».
L’article 16 invoqué par l’UA et la Ligue Arabe précise en
outre qu’« aucune enquête ni aucune poursuite ne peuvent
être engagées ni menées pendant les douze mois qui suivent
la date à laquelle le Conseil de Sécurité a fait une demande
en ce sens à la Cour (…), la demande peut être renouvelée
par le Conseil dans les mêmes conditions ». Ainsi, si les
défenseurs de la cause d’Omar El-Béchir parviennent à
remporter l’adhésion du Conseil de Sécurité, la procédure de
la CPI ne reprendra que l’année prochaine. A moins que les
Tribunaux Spéciaux soient rapidement mis en place et
contraignent la CPI à abandonner les poursuites et à s’en
remettre à la justice nationale.
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