|
Le
gouvernement belge, divisé sur la régularisation des sans
papiers, a reporté vendredi toute décision, alors que des
illégaux multiplient les actions de protestation pour
obtenir titres de séjour et permis de travail provisoires.
«On continuera de travailler dans les jours qui viennent.
Et
quand les décisions seront mûres, on les prendra », a
déclaré le Premier ministre Yves Leterme à l’issue du
dernier conseil des ministres avant les congés d’été. M.
Leterme, qui n’a pas donné d’échéance, a ainsi déçu
l’attente des deux grands syndicats du pays, la CSC
(chrétienne) et la FGTB (socialiste), qui soutiennent les
sans papiers, dont plusieurs centaines travaillent depuis
des années en Belgique.
Recevant jeudi des représentants des sans-papiers, le
Premier ministre avait promis que son gouvernement se
pencherait sur la question vendredi. Il avait demandé en
même temps la cessation des grèves de la faim menées par des
dizaines de sans-papiers en divers lieux à Bruxelles depuis
des semaines. La délégation, de son côté, avait suggéré,
pour éviter un pourrissement de la situation, que le
gouvernement adopte vendredi une circulaire en suspens ixant
les critères de régularisation des illégaux. A défaut, elle
avait réclamé, dans l’attente d’une politique globale
définitive, que tous les sans-papiers installés en Belgique
avant mars 2007 obtiennent un titre de séjour de neuf mois
et un permis de travail temporaire. Mais la coalitio au
pouvoir, divisée, n’a pu trancher.
Les
chrétiens-démocrates flamands du CDV, parti de M. Leterme,
et les libéraux flamand et francophone du VLD et du MR sont
pour la fermeté, tandis que les socialistes et centristes
francophones du PS et du CDH plaident pour l’apaisement. Les
sans-papiers, mécontents que les autorités aient accordé à
certains d’entre eux des permis de séjour de durées
différentes et en aient débouté d’autres, ont durci
récemment leurs actions. La plus spectaculaire est
l’irruption en haut d’une grue de 80 m de haut dans la nuit
de mardi à mercredi de trois Iraniens, en grève de la faim
depuis trois semaines, dans un quartier nord de Bruxelles.
L’un d’eux, une jeune femme, a dû être évacuée vendredi en
raison de son état de faiblesse. |