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La
Turquie est menacée de replonger dans une grave crise
politique, avec en ligne de mire de probables élections
anticipées, si la Cour constitutionnelle décide dans les
jours à venir d’interdire le parti islamo-conservateur au
pouvoir, accusé d’activités antilaïques.
La
Cour doit entamer lundi ses délibérations sur l’action en
justice intentée contre le Parti de la justice et du
développement (AKP), issu de la mouvance islamiste. La
procédure vise aussi le Premier ministre Recep Tayyip
Erdogan et le président Abdullah Gül. Erdogan a appelé
samedi à «l’union et l’unité» du pays. «Nous avons fait des
erreurs, c’est, possible. Mais c’est devant le peuple qu’il
faut rendre des comptes pour cela», a-t-il dit. Au pouvoir
depuis 2002, large vainqueur des législatives de 2007, l’AKP
s’est attiré depuis les foudres des milieux prolaïcs en
voulant légaliser le voile islamique dans les universités,
sujet hautement sensible dans ce pays majoritairement
musulman, mais fondé sur une stricte laïcité.
La
décision des onze magistrats, qui requiert une majorité de
sept voix, est attendue au bout de quelques jours. A partir
de lundi, les juges se réuniront tous les jours pour
délibérer, a annoncé le président de la Cour, Hasim Kiliç.
«Je ne sais pas si la décision sera prise dans trois jours,
ou bien dix, mais nous travaillerons sans arrêt ». La
justice demande la dissolution du parti. Elle demande aussi
que 71 de ses dirigeants, dont le Premier ministre et le
chef de l’État, soient interdits d’appartenance à un parti
politique pendant cinq ans.
De
l’avis général, si l’AKP venait à être dissous, hypothèse
privilégiée par la plupart des analystes, des législatives
anticipées devraient être organisées. Le parti au pouvoir,
qui dénonce un «coup judiciaire », a annoncé avoir mis au
point des solutions de rechange, dont la possible création
d’une nouvelle formation pour accueillir les plus de 300
députés. |