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SYRTE (Libye), Les chefs d'Etat africains se sont
retrouvés mercredi à Syrte,
en Libye, pour un sommet sous l'égide de Mouammar
Kadhafi, qui a tenté un
premier coup d'éclat en invitant le président iranien
Mahmoud Ahmadinejad mais dont
la venue a été annulée in extremis.
Autre revers apparent pour le leader libyen, le chef du
gouvernement
italien Silvio Berlusconi -
convié en tant qu'hôte du prochain G8 - a lui aussi annulé
sa visite juste avant l'ouverture de la rencontre,
officiellement en raison de la catastrophe ferroviaire de
Viareggio dans le nord-ouest de l'Italie.
L'invitation adressée à la dernière minute par le "Guide" à
M. Ahmadinejad,
moins de trois semaines après
une élection très contestée, avait suscité malaise et
interrogations parmi les délégations du 13e sommet de
l'Union africaine (UA). L'annulation de sa venue a été
annoncée par la présidence iranienne sans explication. Sa
présence risquait d'éclipser les sujets à l'ordre du jour et
notamment la mise en place d'un "gouvernement africain",
projet particulièrement cher au leader libyen qu'il veut
faire avancer coûte que coûte pendant les trois jours de ce
sommet.
Les diplomates européens présents comme observateurs
s'étaient réunis pour
envisager de quitter la salle
de conférences en cas de diatribe
particulièrement violente du
président iranien. "L'annulation de sa visite est juste une
bonne nouvelle", assurait l'un d'eux mercredi matin,
visiblement soulagé de voir s'éloigner un possible incident
diplomatique. Invité officiel de l'UA, le président
brésilien Luiz Inacio Lula da Silva est lui bien arrivé à
Syrte et devait comme prévu prendre la parole durant la
cérémonie d'ouverture du sommet.
Mais, les contre-temps se multipliant, il était impossible
de savoir
mercredi matin à quelle heure
cette cérémonie aurait lieu. Les délégués pouvaient tromper
leur attente en déambulant dans le gigantesque centre de
conférences de Syrte, un édifice ultramoderne construit à
500 km à l'est de Tripoli entre la Méditerranée et le
désert, dans la région natale de M. Kadhafi.
Les couloirs y sont tellement longs qu'une jeep y est y
garée à l'intérieur
pour transporter le "Guide"
sur d'épais tapis rouges. Autoproclamé "roi des rois
traditionnels d'Afrique", M. Kadhafi avait été élu en
février pour un an à la présidence de l'UA malgré les
réticences de certains dirigeants.
Au pouvoir depuis 40 ans, il peut aussi désormais se targuer
du titre de
doyen des chefs d'Etat
africains, qui lui est revenu après la mort début juin du
président gabonais Omar Bongo Ondimba. Il entend profiter de
ce sommet pour forcer la voie à la création d'une "Autorité"
africaine aux pouvoirs exécutifs élargis, qui constituerait
à ses yeux une avancée majeure vers les "Etats-Unis
d'Afrique" dont il a fait son grand projet.
Le thème officiel de la rencontre est le développement de
l'agriculture, au
moment où l'Afrique fait face
à une crise alimentaire.
Mais le sommet ne pourra pas
faire l'impasse sur les crises politiques ou les conflits
qui se sont multipliés ces derniers temps sur le continent,
de la Somalie au Niger en passant par Madagascar ou la
Guinée Bissau.
A la veille de la rencontre, l'UA a réintégré la Mauritanie,
suspendue de
l'organisation depuis le coup
d'Etat d'août 2008, en saluant le "retour à
l'ordre constitutionnel"
après la mise en place d'un gouvernement d'union nationale.
Parmi les chefs d'Etats présents à Syrte, le Soudanais Omar
el-Béchir
devrait à nouveau recevoir le
soutien de ses homologues africains en dépit du mandat
d'arrêt lancé à son encontre par la Cour pénale
internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre
l'humanité au Darfour.
afp
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