|
Les transferts des Marocains résidant à l’étranger (MRE) ont
enregistré une baisse de 14,3% depuis le début de l’année en
cours par rapport à la même période en 2008, d’après les
statistiques qui ont été présentée jeudi 28 mai à Casablanca
à l’issue d’une conférence, tenue En 2008 le montant des
transferts des MRE est estimé à 53,65 milliards de
dirhams, soit une baisse de 2,4% par rapport à 2007 dont le
montant a été de 57 milliards de dirhams. La France reste
le plus gros émetteur des transferts financiers (42,2%),
située loin devant l’Espagne et l’Italie avec respectivement
15,3% et 12,2%.
Avec une part de 16 %, les transferts constituent, après les
biens et services, la principale source de devises pour le
pays. Ainsi, ils représentent le double des investissements
directs étrangers et 9% à 10% du PIB national. Rappelons
qu’ils ont enregistré une évolution remarquable ces dix
dernières années. Tout en passant de 20 milliards de
dirhams en 1998 à plus de 57 milliards de dirhams en 2007
avec parfois des taux d’augmentation élevés.
La corruption comme facteur de blocage
L’étude portant sur les transferts des MRE a été menée,
durant les mois de mars et avril 2009, auprès d’un
échantillon de 754 personnes, représentatif de la population
«des trois générations», avec un âge moyen de 34,3 ans et
un écart type de 11 ans. Cette population s’installe dans
les différents pays d’accueil dont une grande majorité en
France avec un taux de 71,6%, suivie respectivement de la
Belgique (8%), du Canada (4%) et des Etats-Unis (3%).
Et dont leur attachement au pays se diffère car 61% ont
exprimé qu’ils le sont beaucoup; contre 2% qui ont déclaré
ne pas être attachés du tout à leur pays d’origine.
Pour ce qui concerne les finalités de leurs transferts au
Maroc, les résultats de l’étude ont précisé que 53% du
montant global est destiné à soutenir la famille au Maroc,
ce qui montre effectivement que la solidarité reste au cœur
de la structure des transferts, suivie par l’acquisition de
biens immobiliers (15%) et 11% des transferts sont orientés
vers l’investissement, notamment la création de projets dans
leur pays d’origine et 15% destinés à l’épargne.
L’étude a également montré que 12% des sondés gèrent
actuellement un projet économique au Maroc et 56% prévoient
un projet dans le futur.
75 % des sondés ont explicité que la corruption constitue un
facteur de blocage pour monter leurs projets au Maroc suivie
des problèmes administratifs (54%) et l’environnement
juridique (33%).
Intervention de l'Etat
Pour aider les MRE à faire face à la crise et donc à
continuer à pourvoir le pays en devises, le gouvernement,
dans le cadre du comité de veille anti-crise, a élaboré un
plan comportant une palette de mesures en faveur des
Marocains du monde. Chapeauté par le ministère chargé de la
communauté marocaine à l’étranger et celui des finances, en
collaboration avec les banques notamment, ce plan a été
dévoilé le 2 juin, à Casablanca. Selon des indications
fournies par la Banque populaire et recoupées auprès de Bank
Al Maghrib, parmi les mesures à annoncer, il y a d’abord
celles qui sont destinées à faciliter les transferts de
fonds. A la Banque populaire, on parle, d’une part, de la
baisse des coûts de transfert et, d’autre part, de la
diminution des commissions et frais concernant les
opérations de change.
Des sources auprès du ministère de l’économie et des
finances indiquent que l’Etat envisage aussi la possibilité
de subventionner jusqu’à 10 % tout projet d’investissement
bénéficiant d’un apport en devises de 25 %; les banques se
chargeant de financer le reste.
M.H
|