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MINAMI SANRIKU (Japon),
Lorsque le séisme du
Chili a
déclenché dimanche un
raz-de-marée filant vers
le Japon à travers le
Pacifique, Matsuko Shiba,
79 ans, a su
immédiatement qu'il
fallait chercher un
refuge en hauteur: 50
ans plus tard, le
cauchemar était de
retour.
En 1960, un tsunami
généré par un séisme
majeur survenu -- déjà
-- au Chili
avait ravagé la petite
ville portuaire de
Minami Sanriku, faisant
41 morts et
tuant probablement le
bébé qu'elle portait
alors dans son ventre.
"L'autre jour justement,
je réalisais que cela
faisait 50 ans", a
raconté
Matsuko, aujourd'hui
grand-mère, assise sur
une couverture au milieu
de ses
petits-enfants et
quelques amis de son âge
dans le centre où ils
avaient été
évacués en prévision de
l'arrivée d'un nouveau
tsunami.
"Peut-être s'agissait-il
d'une prémonition".
Cette fois, malgré les
mesures alarmistes des
autorités, le tsunami
n'a
provoqué aucun dégât, si
ce n'est des inondations
dans quelques zones
portuaires.
Mais pour Matsuko et ses
proches, qui ont survécu
à la catastrophe il y a
un demi-siècle, mieux
vaut une fausse alerte
que de défier la nature.
Lorsqu'ils ont entendu
samedi qu'un séisme de
8,8 s'était produit au
large du
Chili, le cauchemar de
1960 est revenu les
hanter.
Yoshida, 80 ans, se
souvient de cette
journée avec effroi:
"L'eau a disparu
de la baie pour resurgir
brutalement [...] comme
un mur d'eau gigantesque
avançant en
engloutissant tout sur
son passage."
Les témoins de l'époque
décrivent une vague
atteignant parfois cinq
mètres
de hauteur jusque dans
les rues de la ville,
située au pied de
montagnes
abruptes dans la
préfecture de Miyagi
(nord).
"Une de mes voisines
courait en portant sur
son dos son enfant de
trois
ans, puis a tout à coup
réalisé que le bébé
avait disparu, alors
qu'ils se
débattaient dans l'eau",
se souvient Matsuko.
"C'était terrible".
"J'étais enceinte à
cette époque et j'ai dû
me suspendre au toit en
bois
lorsque le torrent d'eau
chargé de décombres
s'est engouffré dans ma
maison.
Le bébé est mort un jour
après sa naissance".
Le tsunami de 1960 --
provoqué par le plus
violent tremblement de
terre
jamais enregistré dans
le monde, d'une
magnitude de 9,5 --
avait fait 142
morts au Japon.
Quand les autorités
japonaises ont déclenché
dimanche l'alerte
"majeure" au
tsunami, pour la
première fois depuis 15
ans, les survivants de
ce drame ont
été les premiers à
rejoindre les refuges,
sans protester.
Les enfants, au
contraire, ont très vite
commencé à se plaindre
qu'ils s'ennuyaient ou
qu'ils
allaient rater leur
émission de télévision
favorite.
Yoshida se souvient
qu'il y a 50 ans, sa
ville avait reçu de
nombreuses
aides de tout le Japon.
"Aujourd'hui, nous
devons à notre tour
aider les
personnes touchées par
des catastrophes
naturelles dans le
monde. Les aînés
doivent aussi parler
davantage de ce qu'ils
ont vécu avec les plus
jeunes."
afp |