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François Fillon par ci,
François Fillon par là:
le Premier ministre
additionne les meetings
pour les régionales,
confortant son rôle de
chef de la majorité,
dont une partie boude
Nicolas Sarkozy, se
rendant ainsi
incontournable au
lendemain des élections.
Mardi dernier au Mans
dans son fief des
Pays-de-la-Loire, jeudi
en Seine-Maritime où il
a rencontré une centaine
de militants dans un bar
branché de Rouen,
partout il sonne le
rappel des troupes pour
"faire mentir les
sondages". Il le fera
aussi cette semaine,
lundi soir à Metz,
mercredi à Caen, jeudi à
Nîmes et vendredi à
Dijon.
"On a tellement de
demandes qu'on est
obligé de choisir", dit
son entourage, flatté
par un tel engouement.
Dès que Nicolas Sarkozy
s'est mis à l'écart de
la campagne, François
Fillon a pris son bâton
de pèlerin. Sa cible:
son alter ego de gauche
Martine Aubry à qui il
reproche de vouloir
faire des régions "des
bastions hors de la
République".
Il défend aussi et
surtout la politique de
son gouvernement,
s'attache au "langage de
vérité" dont il a fait
son label, notamment sur
les déficits et
l'emploi. Au risque de
diverger du chef de l'Etat.
Ainsi, il annonce une
augmentation du chômage
au moins jusqu'à la
moitié de cette année,
alors que Nicolas
Sarkozy fin janvier
misait sur une baisse
dans "les semaines et
mois qui viennent".
Et alors que d'autres
s'agaceraient d'une
marionnette des Guignols
déprimée et cantonnée
aux mauvaises nouvelles,
contrastant avec celle
d'un Nicolas Sarkozy
fanfaron, François
Fillon s'en accommode
car "il vaut mieux être
celui qui n'esquive pas
les réalités".
Pourfendeur d'une gauche
"de notables", il se
veut aussi le garant de
l'unité de la majorité.
Il a ainsi recadré le
patron du Nouveau Centre
et ministre de la
Défense Hervé Morin pour
manque de solidarité.
Sa cote est au plus haut
chez les parlementaires.
"Ca n'a pas été facile
mais depuis six mois,
François est libre. Il
est très populaire chez
les députés UMP. On peut
l'avoir très facilement
au téléphone", explique
le député de Paris
Claude Goasguen pour qui
il est devenu un
"argument de campagne".
En revanche,
regrette-t-il, "les murs
de l'Elysée sont devenus
infranchissables" quand
François Fillon reçoit
régulièrement à Matignon
des groupes de
parlementaires. La
semaine dernière, il
accueillait les
adhérents de son "club
de réflexion politique"
France.9.
Les ministres aussi sont
emballés: "je l'adore"
s'enflamme Frédéric
Mitterrand (Culture),
"il est vraiment relax",
confie Christine Lagarde
(Economie).
Partout où il passe, il
est acclamé. "Il passe
bien. C'est un homme
toujours calme alors
qu'on a un président de
la République très
nerveux", explique
Claude Bourdons,
militant UMP du Havre.
Porté par des sondages
plus flatteurs que pour
Nicolas Sarkozy,
François Fillon
serait-il intouchable?
L'Elysée a clairement
indiqué qu'il ne
bougerait pas après les
régionales. Mais en cas
de bérézina, on pourrait
aussi lui faire porter
le chapeau.
Un ancien ministre UMP,
qui prédit une
déculottée pour la
droite, table sur son
éjection "avant l'été":
"Sarkozy va être obligé
de frapper un grand coup
pour continuer. Il ne
peut pas continuer avec
Fillon comme ça sinon on
va assister à un nouveau
duel genre de
Gaulle-Pompidou ou
Giscard-Chirac".
"Il va prendre sa
décision brutalement,
sans prévenir, et le
premier surpris sera
Fillon", ajoute-t-il.
Pour un responsable de
la majorité, Fillon est
"trop perso". "Quand il
joue le père-la-rigueur,
c'est son image qu'il
conforte alors qu'il
devrait s'emparer du
thème du changement dans
les régions".
afp |