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PARIS, Confrontés à la
crise économique, les
grands
parrains du sport
français n'ont pas
réellement coupé leurs
budgets mais ont
développé un nouveau
sponsoring dit "citoyen"
qui leur permet de
continuer
leur publicité tout en
finançant des opérations
de solidarité.
"La crise n'a pas
vraiment affecté les
gros partenariats, ça
n'a pas touché
les volumes. Mais en
revanche, les
entreprises ont dû plus
insister sur les
questions de sponsoring
citoyen", explique
Emmanuel Bayle,
professeur à
l'université Lyon-III,
spécialiste du marketing
sportif.
"C'est une nouveauté.
C'est moins une
exploitation du +sport
business+ pur.
Ca se rapproche plus,
dans l'esprit, du
mécénat. C'est plus axé
sur les
valeurs du sport",
ajoute-t-il.
Exemple: Ferrero France,
avec sa marque Kinder,
parrain officiel de
l'équipe de France de
basket, qui a lors de
l'Euro-2009 offert sa
place sur le
maillot des Bleus au
Secours Populaire.
"On voit que les
consommateurs ont envie
de sens dans leurs
achats",
justifie Christophe
Bordin, responsable des
relations extérieures de
Ferrero
France.
L'entreprise a donc
décidé pour trois ans de
mettre "toutes ses
ressources", de ses
salariés à ses outils de
communication, à la
disposition
de l'association. Pour
l'instant, "il est trop
tôt" pour juger de
l'impact de
l'opération sur Ferrero,
ajoute M. Bordin, qui
parie sur le "moyen-long
terme".
La chaîne de grande
distribution Carrefour a
elle organisé en
novembre à la
mi-temps de
France-Irlande, dernier
match de qualification
pour la Coupe du
monde de football 2010,
une séance de tirs au
"but du coeur" pour
récolter
24.000 euros et opérer
deux enfants.
Confusion entre
sponsoring et mécénat
"Notre objectif était
plus de monter une belle
opération en partenariat
avec Mécénat Chirurgie
Cardiaque et de sauver
deux enfants que de
médiatiser
l'événement", assure
Eric Marchyllie,
responsable sponsoring
de Carrefour
France, qui se défend de
vouloir promouvoir la
"notoriété" de
l'enseigne.
"Ca fait de nombreuses
années qu'on travaille
conjointement le
sponsoring
et le mécénat: il nous a
semblé naturel
d'associer les
événements sportifs que
nous soutenons en
sponsoring et d'en faire
profiter les enfants
ayant des
problèmes de santé",
continue-t-il, refusant
de révéler le budget
parrainage
de Carrefour qu'il juge
"raisonnable".
Mais cette confusion
grandissante entre
sponsoring et mécénat ne
plaît pas
à tout le monde.
"Le sponsoring, c'est
investir quelque chose
pour en retirer un
profit
économique.
Et le sponsoring
citoyen, c'est la même
chose. On est sûrement
moins agressif en
communiquant, mais c'est
la même démarche, une
démarche
business", estime
Philippe Salles,
directeur général de la
Fondation du sport.
"Mon avis serait de leur
dire +faites du mécénat,
c'est une vraie démarche
de sens+", ajoute-t-il,
dénonçant certaines
opérations qui ne sont
pour lui
que "des déguisements de
business classique".
"On peut y voir une
démarche marketing",
reconnaît Christophe
Bordin. Mais
"au final, il y a des
bénéficiaires et c'est
ça qui compte", conclut
le
responsable de Ferrero
France, soulignant que
1.000 enfants de milieux
défavorisés vont ainsi
pouvoir partir en
vacances cet été.
afp |