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LAVAUR (Tarn), En bon
pèlerin du sarkozysme,
Xavier
Bertrand veut croire au
sursaut de la
mobilisation à droite
pour les
régionales, menant sur
le terrain une rude
campagne minée par
l'impopularité
du président, les
dissensions internes et
la crise.
"Mon problème, c'est le
petit différentiel de 2
à 5 points qui fera au
soir
du premier tour que le
second sera ouvert ou
pas.
Mon obsession, c'est
donc de
mobiliser les
abstentionnistes dans
notre camp", explique à
l'AFP le patron de
l'UMP.
Pour cet élu toujours
pressé, "la campagne se
joue dans les quinze
derniers
jours, au moment où les
électeurs commencent à
s'intéresser au
scrutin".
Il table à la fois sur
la "stabilité du socle"
de la droite et la
"dynamique gagnante"
créée par la stratégie
de rassemblement dès le
premier
tour, souvent perçue
comme un pari risqué,
alors que la majorité
dispose de
faibles réserves de
voix.
Dans la dernière ligne
droite, il faut
démultiplier les
messages en
direction des militants
pour les faire relayer
auprès des électeurs les
moins
mobilisés. "Dans les
métropoles régionales
pour François Fillon, et
les
petites communes pour
moi", précise M.
Bertrand.
Le député-maire de
Saint-Quentin (Aisne)
qui fêtera ses 45 ans le
jour du
second tour régional,
sillonne donc l'hexagone
nuit et jour: une
trentaine de
déplacements depuis le
coup d'envoi de la
campagne.
Cet infatigable
pêcheur...de voix, petit
dormeur, boulimique de
travail et
de produits du cru,
multiplie meetings,
visites de marchés
-"alimentaires de
préférence"- et
"échanges" pour
convaincre les petits
patrons, les
commerçants, les
ouvriers, et les
agriculteurs en plein
désarroi.
Tout sourire, M.
Bertrand semble serein:
"Il faut garder son
sang-froid et
résister aux vents
contraires".
Pourtant, les sondages
montrent tous une gauche
dominante au soir du 21
mars, avec parfois des
scores sans appel, comme
en Midi-Pyrénées.
Dans ce solide bastion
de gauche, Martin Malvy,
président socialiste
sortant -crédité de 40%
le 14 mars contre 23%
pour son adversaire UMP,
Brigitte Barrège -
brigue un troisième
mandat.
Lavaur, petite commune
du Tarn, sera donc l'une
des dernières étapes de
la
campagne de Xavier
Bertrand avant le
premier tour.
Son maire UMP, le député
Bernard Carayon, n'est
pas candidat aux
régionales
mais apporte son secours
et la petite valeur
ajoutée des voix de sa
circonscription pour
faire mentir les
pronostics.
Courte halte en la
cathédrale Saint Alain.
Puis, dans la salle du
Conseil
municipal, échange
matinal avec les
producteurs du cru qui
pestent contre les
banques et l'Europe:
l'ancien ministre du
Travail, rodé à
l'exercice, écoute
leurs doléances et
défend l'"Etat
régulateur", architecte
du plan de relance
et de la future loi de
modernisation agricole (LMA).
Il veut aussi soigner sa
"relation avec la PQR"
(Presse quotidienne
régionale): rencontre
avec les correspondants
de "la locale" au café
du coin.
Point d'orgue de cet
aller-retour express
entre Orly et Blagnac,
un
discours devant près de
300 militants dans la
halle aux grains. Xavier
Bertrand met en avant
les sujets "clivants",
qu'il sait mobilisateurs
de la
droite conservatrice et
rurale: sécurité, vote
des étrangers,
interdiction de
la burqa.
En cette terre de
mission, mais aussi de
rugby, Xavier Bertrand "croi(t)
plus au grand chelem du
XV de France au tournoi
des six nations qu'à
celui de
Martine Aubry aux
régionales". "Et si le
PS ne le fait pas, il
aura perdu!",
prévient-il. Mais il se
garde de tout pronostic
à droite.
afp |