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MARSEILLE, Jusqu'à l'été
dernier, le nom de
Laurence
Vichnievsky évoquait
l'affaire Elf et le duo
de choc qu'elle formait
avec Eva
Joly. Adoubée tête de
liste par Europe
Ecologie en Paca, elle
rêve désormais
de ravir la présidence
du conseil régional au
socialiste Michel
Vauzelle.
"Nous voulons gagner
(...) Je me suis
présentée pour être
présidente",
répète inlassablement la
magistrate de 55 ans à
l'allure longiligne, qui
aime
la moto et les Rolling
Stones.
Elle garde en tête le
souvenir euphorique
d'Europe Ecologie
devançant le PS
dans le Sud Est aux
Européennes.
Mais tout en cherchant à
se démarquer du
président socialiste
sortant,
Michel Vauzelle, sur un
programme visant
notamment à redéployer
les 70
millions d'aides
régionales octroyées au
projet de fusion
thermonucléaire Iter
sur l'isolation
thermique des logements
sociaux, Mme Vichnievsky
reconnaît
"qu'il y a toujours un
delta entre espérance et
lucidité".
Les derniers sondages la
placent quatrième au
premier tour, derrière
le
Front national.
Qu'importe! Ses nouveaux
amis politiques tablent
sur ses talents de
négociatrice et son
image de juriste
anticorruption pour
créer la surprise.
Une étiquette
d'intégrité qui a été
déterminante dans le
choix de sa
candidature par Europe
Ecologie, dans un
"contexte de
clientélisme généralisé
dans la région", selon
son directeur de
campagne, Sébastien
Barles. Au moment
où le PS est très mal à
l'aise avec une affaire
de subventions allouées
par la
région à des
associations fictives
marseillaises, même si
c'est M. Vauzelle
qui a saisi la justice.
Prudente, Mme
Vichnievsky prend
désormais soin de
souligner qu'au conseil
régional, elle sera
"élue, pas juge" et dit
miser sur les
compétences
"diverses et
complémentaires" de ses
colistiers.
La greffe semble avoir
pris entre cette
Parisienne, novice en
politique
mais amoureuse de la
région où elle possède
une maison, et les
militants
locaux, qui louent sa
capacité d'écoute, son
"intelligence des
situations", sa
"rigueur morale".
Un vieil ami magistrat
juge sa candidature "pas
illogique, parce que
c'est
une forme d'engagement
au nom du service
public". Mais
s'interroge: "a-t-elle
une dimension de rouerie
suffisante?".
Idem pour Jean-Marc
Roberts, éditeur de son
unique livre et qui la
connaît
depuis l'adolescence:
"j'aurais été surpris si
elle s'était engagée à
droite,
mais du côté de
l'écologie, non".
Intéressée depuis
toujours par la
politique, la magistrate
qui tutoie le
président Nicolas
Sarkozy et a reçu de ses
mains la légion
d'honneur en 2009,
dit avoir sauté le pas
"parce qu'on a dépassé
des seuils d'injustice".
Après un appel un soir
d'août dernier d'Eva
Joly, eurodéputée Europe
Ecologie, elle
annonçait, début
octobre, qu'en raison de
ses ambitions
politiques, elle ne
représenterait pas le
ministère public dans le
procès en
appel de l'Erika.
Un coup de théâtre, six
jours avant l'audience,
qui fit grincer des
dents
parmi ses confrères, où
elle ne compte pas que
des amis.
Décision prise pour
"éviter les soupçons de
mélange des genres",
explique Mme Vichnievsky.
Désormais affectée au
service civil du parquet
général de Paris, elle
estime que la rencontre
avec l'écologie "a été
la bonne".
En "femme libre", elle
ne crache pas sur le
nucléaire et encore
moins sur
un bon steak, loin de
certains dogmes "Verts".
Confiante, elle renvoie
à une
expression de René Char,
dont elle lit un poème à
chaque meeting: "l'homme
est
capable de faire ce
qu'il est incapable
d'imaginer".
afp |