|
Jacques Chirac a
effectué vendredi, à 77
ans, son énième marathon
du salon de
l'agriculture, où il a
été accueilli en
superstar, devançant de
24 heures son successeur
Nicolas Sarkozy attendu
de pied ferme par le
monde agricole samedi en
clôture de cet
événement.
09h45: l'ancien
président émerge tout
sourire de sa limousine,
entouré de son ancien
ministre et ami
Christian Jacob.. et de
l'actuel ministre, Bruno
Le Maire.
Un mot à la foule des
journalistes: "C'est
toujours un plaisir de
venir au salon! Ici, je
n'ai que des amis". Et
qu'a-t-il à dire aux
agriculteurs qui se
sentent mal aimés en ces
temps de crise ? "Toute
mon estime, et toute mon
amitié", répond celui
qui fut aussi ministre
de l'Agriculture.
Pendant près de trois
heures, des centaines de
badauds s'agglutinent,
toujours plus nombreux,
autour du cordon de
gardes du corps qui
protègent non sans mal
le visiteur le plus
attendu de ce salon. Il
n'en a pas raté un seul
depuis son élection à l'Elysée
en 1995.
"Ca me rappelle Johnny
Hallyday au Parc des
princes en 1993", lâche
un inconditionnel. "J'ai
cru que c'était Mylène
Farmer", s'exclame une
jeune fille.
"Mister George",
"groupie" du monde
politique, l'attend dans
les travées, lui offre
une rose blanche "pour
Bernadette" et trois lys
blancs, "pour vous
Monsieur le président".
Il demande un autographe
pour son "livre d'or"
dédié à "la première
dame de France" pour sa
contribution à la lutte
contre le Sida.
Après Martine Aubry,
Bertrand Delanöe, et
François Hollande, M.
Chirac signe sa propre
dédicace: "Pour Carla".
"Marine Le Pen n'a pas
voulu signer".. confie "Mister
George".
Poursuite de la visite
d'un pas hésitant,
jusqu'au stand de la
banque du monde
agricole: une gorgée de
rouge, un échange à huis
clos sur les difficultés
du secteur. M. Chirac se
lève, trouve appui sur
l'épaule du député-maire
de Provins Christian
Jacob, salue, mais parle
peu.
Dans les travées du hall
n°2, il est ovationné
par l'Académie des
brasseurs qui
l'abreuvent à la
bière... française.
"La choucroute, il faut
en manger matin, midi et
soir pour bien se
porter", lâche l'ancien
maire de Paris.
Nouvelle pause saucisse,
boudin et vin blanc, à
l'abri des caméras au
stand de la FNSEA qu'il
ne veut pas quitter si
vite : "c'était pas mal
ici!"
Rillettes du Mans à la
filière porcine dont
l'un des patrons,
Jacques Lemaitre confie:
"Chirac a un statut
particulier chez nous.
Il nous comprend, et on
espère que Sarkozy,
demain enverra des
messages pas trop
bucoliques mais forts.
Qu'on n'ait pas
l'impression d'avoir
attendu huit jours pour
rien!".
Rodé depuis des
décennies à l'exercice,
l'ancien président
croque la pomme bio,
serre les mains,
distribue les bises.
Jusqu'à l'apothéose: un
bon millier de personnes
l'attendent et
l'ovationnent au pied de
l'escalator du hall n°3.
"Plus fort qu'Aubry,
Hollande ou même Fillon,
hier", commente un
habitué.
12h40, fin de la visite
et haie d'honneur. A la
sortie, une poignée
d'étudiants "old school"
crie "Chirac 2012!"
"Nous, on n'est pas
bling bling, on préfère
le style Chirac!"
afp |