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LOME, Faure Gnassingbé,
vainqueur de la
présidentielle
de jeudi au Togo, est un
dirigeant en quête de
légitimité après être
arrivé au
pouvoir en 2005 de
manière contestée et
dans les pas de son
père, le général
Gnassingbé Eyadéma, qui
a régné sans partage sur
le pays pendant 38 ans.
Né le 6 juin 1966, "le
jeune" comme l'appellent
ses proches pour faire
la
différence, est un homme
plutôt discret, qui
n'est pas porté sur les
médias.
Quelques minutes après
l'annonce du décès du
général, en février
2005, il
est installé dans le
fauteuil présidentiel
par l'armée.
Face à une vague de
contestation à domicile
et des pressions
internationales, il est
finalement élu à la
présidentielle du 24
avril 2005,
un scrutin vivement
contesté par
l'opposition, au cours
duquel 400 à 500
personnes ont été tuées
selon l'ONU.
Le vote de jeudi était
pour lui le "grand
test".
"Pour moi, et les autres
aussi, ça va être un
test de légitimité. Il
faut
que les Togolais aient
le sentiment d'avoir
vraiment choisi leur
président.
A
tort ou à raison, depuis
des années il y a un
problème de légitimité",
concédait-il dans un
entretien à l'AFP
mi-février.
Installé dans son bureau
de la présidence
construite récemment par
les
Chinois, M. Gnassingbé,
toujours tiré à quatre
épingles résume, au
sujet de
son père, dont il se
démarque régulièrement :
"Lui c'est lui et
moi...".
Sans renier son
héritage, il n'hésite
pas à écrire dans ses
documents de
campagne que le pays a
été "refondé" sous sa
présidence.
"Il nous fallait
poser les bases de l'Etat
de droit", affirme-t-il.
"Mon père est resté 38
ans au pouvoir, dont les
20 à 25 premières années
sous un régime de parti
unique. Le pouvoir était
très concentré. Lui
succéder
n'a pas été facile. J'ai
suivi ses traces à cause
des circonstances.
Toutefois, je tiens à
apporter un avenir
meilleur pour le Togo",
a-t-il
expliqué dans un récent
entretien au magazine
New African.
A la présidence, il a
fait le ménage parmi les
anciens collaborateurs
du
général, en écartant
certains et s'assurant
le soutien d'autres.
Et a appelé à
ses côtés des "jeunes",
comme Pascal Bodjona,
ancien ambassadeur à
Washington
devenu ministre de
l'Administration et
porte-parole du
gouvernement, ou
Gilbert Bawara, ministre
de la Coopération, tous
deux considérés comme
fidèles
parmi les fidèles.
Interrogés par l'AFP,
des cadres du
Rassemblement du peuple
togolais (RPT)
le parti au pouvoir
depuis sa création en
1969 par Gnassingbé
Eyadéma,
estiment qu'il a su
"bien garder" la maison
malgré de "petits
problèmes".
Une allusion au coup d'Etat
déjoué d'avril 2009,
dans lequel a été
officiellement impliqué
le demi-frère du
président, Kpatcha
Gnassingbé, ancien
ministre de la Défense.
Il a été arrêté, tout
comme une trentaine de
personnes, dont des
militaires.
L'un des quelque 50
enfants qu'aurait eus
Gnassingbé Eyadéma,
Faure
Gnassingbé a pour mère
une femme de Kpalimé,
originaire de la région
des
plateaux du Sud, alors
que le général Eyadéma
était un Kabyè du Nord.
Après des études de
finances et de gestion
en France et aux
Etats-Unis, où
il a obtenu un Master en
Business Administration
(MBA), Faure Gnassingbé
est
rentré au Togo au milieu
des années 1990. Là, il
était devenu le "grand
argentier" et conseiller
financier de son père.
afp |