|
La ville de Dunkerque
accueillera un terminal
méthanier, cofinancé par
EDF et Total, en
compensation de la
fermeture de la
raffinerie Total des
Flandres, a annoncé
vendredi soir Le
Télégramme, se référant
à une source proche du
dossier.
Le député-maire de
Dunkerque Michel
Delebarre (PS) a accusé
le gouvernement et Total
de "tromper" la
population avec le
projet de terminal
méthanier, samedi dans
un communiqué.
"Dunkerque accueillera
un terminal méthanier
d'une capacité
supérieure à 10
milliards de M3/an",
avait annoncé vendredi
le Télégramme sur son
site internet, se
référant à une source
proche du dossier.
Selon le quotidien basé
à Brest, le projet sera
porté par EDF mais Total
s'associera à hauteur de
10%.
Contactés par l'AFP,
Total et EDF ont refusé
de confirmer ou
d'infirmer
l'information. "C'est
l'une des choses que
l'on est en train
d'étudier. Il y a des
discussions", a déclaré
un porte-parole de
Total. "Pas de
commentaire", a-t-on
réagi chez EDF.
Des propositions du
groupe pour l'avenir de
la raffinerie des
Flandres doivent être
annoncées lundi à Paris
lors d'un comité central
d'entreprise (CCE).
Interrogé vendredi soir
sur France 3, le
ministre de l?Ecologie,
Jean-Louis Borloo, a
indiqué qu'un "beau
projet industriel pour
Total, pour la région et
pour le port de
Dunkerque" serait
annoncé.
Une participation de
Total au projet de
terminal méthanier d'EDF
avait déjà été évoquée
par la direction du
groupe pétrolier. Total
a mis "à l'étude sa
participation au projet
de terminal méthanier
d'EDF" à Dunkerque,
avait déclaré début
février Michel Bénézit,
directeur général du
raffinage et marketing
chez Total.
Ce terminal devait
initialement démarrer en
2011. L'électricien
public évoque
aujourd'hui une décision
d'investissement "avant
l'été 2010 pour une mise
en service en 2014". A
la mi-2008, EDF évaluait
le montant du projet à
un milliard d'euros et
estimait qu'il devait
contribuer à la création
de 50 emplois directs et
100 indirects.
"On s'y attendait, c'est
certainement ce qu'ils
vont nous annoncer
lundi. Mais on ne peut
pas se contenter de ce
terminal. Le méthanier,
c'est à l'horizon 2015,
et en attendant, on fait
quoi?", a déclaré à
l'AFP Philippe Wullens,
délégué Sud (majoritaire
à Dunkerque).
Selon le responsable
syndical, le terminal
méthanier ne compensera
pas la fermeture de la
raffinerie "ni en
volumes (de production)
ni en masse salariale,
que ce soit chez les
Total ou les
sous-traitants". "S'ils
veulent éviter la
guerre, ils n'ont pas
intérêt à nous annoncer
ça", a-t-il dit.
La CGT s'est déclarée
opposée au
co-financement du projet
avec Total.
"Ce projet était connu
et il est passé en
conseil
d'administration. Nous
sommes contre, car nous
ne sommes pas pour
qu'EDF et GDF se fassent
de la concurrence sur
leurs métiers
respectifs, dans la
partie de ces métiers
qui exige le plus de
compétences et
d'expertise", a indiqué
à l'AFP Marie-Claire
Cailletaud, porte-parole
de la CGT-Energie.
La raffinerie de
Dunkerque (380 salariés
et plus de 400 personnes
chez les sous-traitants)
est à l'arrêt depuis
septembre. L'incertitude
qui plane depuis des
mois sur son sort avait
déclenché un mouvement
de grève chez les
salariés de la branche
raffinage, qui
redoutaient plus
globalement un
désengagement de Total
en France.
"Les salariés de Total
n'ont aucun souci à se
faire. Il n'y aura pas
de licenciement, tout le
monde sera repris",
avait promis Christophe
de Margerie, directeur
général de Total, le 24
février à propos du site
des Flandres, dont les
personnels sont en grève
depuis le 12 janvier.
afp |