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DOGO NAHAWA (Nigeria),
Des pleurs et des
gémissements
secouent la foule. Le
village de Dogo Nahawa
enterre des dizaines de
femmes et
enfants, massacrés lors
des tueries
intercommunautaires qui
ont fait au moins
500 morts ce week-end
dans le centre du
Nigeria.
Des excavateurs creusent
le trou. Les corps déjà
putréfiés de 40
victimes,
tous des femmes et des
enfants, sont alignés,
attendant d'être mis en
terre. Les alentours du
village se sont déjà
transformés en
cimetière. Des tombes
fraîches sont visibles
lundi, recouvertes par
des feuilles de cactus.
C'est à Dogo Nahawa,
l'un des trois villages
chrétiens attaqués au
sud de
Jos, qu'a été recensé le
plus grand nombre de
victimes.
Coupés à la machette,
poignardés ou brûlés.
Les victimes, des
chrétiens berom, une
ethnie de fermiers
sédentaires, ont
été tuées par des
éleveurs nomades de
l'ethnie fulani
(peuhle), musulmans.
Le village est
totalement sinistré.
Environ deux tiers des
maisons ont été
brûlées.
L'attaque, coordonnée et
organisée selon de
nombreux témoignages, a
duré
trois heures dans la
nuit de samedi à
dimanche.
Des assaillants
s'étaient postés à
l'entrée du village afin
de couper la
fuite aux habitants
attaqués dans leur
sommeil.
David Kyeng, un jeune
gardien de Dogo Nahawa,
a réussi à s'enfuir dans
les
collines environnantes.
Il estime que les
agresseurs étaient
plusieurs
centaines.
"Je les ai vus tirer en
l'air, faisant sortir
les gens de leur maison,
pour
les tuer alors qu'ils
tentaient de s'enfuir",
raconte-t-il à l'AFP.
Au lendemain des
massacres, la tension
est à son comble. Un
journaliste
musulman d'une radio
locale, venu couvrir les
enterrements à Dogo
Nahawa,
manque d'être lynché par
une trentaine de jeunes
villageois.
"C'est une provocation
de venir ici après les
actes perpétrés par les
tiens
contre nos enfants et
nos proches", crie l'un
d'eux.
Le journaliste est
frappé à coups de
pierres, jeté à terre.
Un membre du
gouvernement local
s'interpose, est frappé
à son tour, se relève le
nez en
sang.
La police tire des coups
de feu en l'air, et le
journaliste blessé est
exfiltré. Il sera
hospitalisé à Jos.
La présence militaire a
été renforcée dans la
région, qui avait été
placée
en état d'alerte maximum
dimanche soir sur ordre
du président par intérim
Goodluck Jonathan.
afp |