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Les forces de l'ordre
ont dispersé mardi à
Lomé une manifestation
interdite de
l'opposition togolaise,
qui entendait contester
dans la rue la
réélection du président
sortant Faure Gnassingbé
mais n'a pu mobiliser
que quelques centaines
de personnes.
L'Union des forces du
changement (UFC) et
trois petits partis de
l?opposition avaient
appelé la population à
protester contre les
résultats "frauduleux"
du 4 mars, donnant une
large victoire au chef
de l'Etat sortant Faure
Gnassingbé sur son
principal rival
Jean-Pierre Fabre
(60,92% des voix contre
33,94%).
La Force spéciale
élection présidentielle
(Fosep, comprenant au
total 6.000 gendarmes et
policiers) avait
déployé, dès 7H00 du
matin, des hommes un peu
partout dans le quartier
populaire de la capitale
où était prévu le
rassemblement.
Quelque 400 personnes,
des jeunes pour la
plupart, ont répondu à
l'appel de l'opposition.
"Nous voulons
changement, nous voulons
nouveau président", ont
entonné les
manifestants, bras
levés, sous le regard de
quelques observateurs de
l'ONU et de l?Union
européenne.
Les policiers et
gendarmes ont alors
avancé vers eux en
ligne, tapant avec leur
matraque sur leur
bouclier et lançant de
temps en temps des
grenades lacrymogènes.
Certains manifestants
leur ont jeté des
morceaux de brique mais
la très grande majorité
se sont simplement
repliés en courant dans
les ruelles adjacentes.
"Ils disent qu?on veut
casser, détruire, mais
non, on crie seulement
que le pays n?est pas un
royaume ni un
héritage!", expliquait
Agbegnaglo, 22 ans.
Faure Gnassingbé est le
fils du général
Gnassingbé Eyadéma, qui
régna sans partage sur
le pays pendant 38 ans
(1967-2005).
Lundi, le gouvernement
avait fait savoir que la
marche et le meeting
prévus par l?UFC
n'étaient pas autorisés,
affirmant que "les
manifestations sur la
voie publique ne peuvent
être organisées les
jours ouvrables parce
qu'elles perturbent
l'activité".
Sur les lieux de la
manifestation, les
journalistes de l?AFP
n?ont pas aperçu M.
Fabre qui a ensuite
déclaré: "Dès que je
suis arrivé en voiture,
les jeunes étaient
nombreux autour du
véhicule. La Fosep
commençait à tirer des
gaz lacrymogènes, les
jeunes couraient dans
tous les sens. Nous
sommes repartis".
En milieu de matinée,
son directeur de
campagne, Patrick Lawson,
a annoncé à la presse
qu?une "nouvelle marche"
serait organisée samedi
prochain, "suivie d?un
meeting à la place de
l?Indépendance".
Affirmant à nouveau que
M. Fabre était le
véritable "président
élu", M. Lawson a assuré
que celui-ci "nommera
bientôt un Premier
ministre qui entamera
des discussions pour la
mise en place d?un
gouvernement".
L'UFC appelle à "la
résistance" depuis
l?annonce de la
réélection de Faure
Gnassingbé mais peine à
mobiliser son électorat,
pourtant largement
majoritaire dans la
capitale.
"Ce sont les plus
téméraires qui sortent
dans les rues, on a peur
de se faire massacrer
comme en 2005", assurait
mardi Akouavi, une
chômeuse de 35 ans.
Les violences
post-électorales d?avril
2005, après l'accession
au pouvoir de Faure
Gnassingbé, avait fait
entre 400 et 500 morts
selon l?ONU.
Le président sortant a
reçu l'appui de l'Union
africaine (UA), qui a
confirmé sa réélection
et appelé l'opposition
au calme
"Les observateurs de l?UA
ont indiqué que
globalement, d?après
leurs observations, le
scrutin s?est déroulé de
manière libre et
transparente", malgré
des plaintes "concernant
l?authentification des
bulletins de vote et la
centralisation des
résultats", a déclaré
l'organisation
panafricaine.
afp |