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Magistrats, avocats,
agents des services
judiciaires et
pénitentiaires se
préparaient mardi à
manifester à Paris,
pendant que des
audiences étaient
reportées dans certains
tribunaux, dans le cadre
d'une mobilisation
unitaire contre la
"casse" de la justice.
Une vingtaine de
syndicats et
organisations - une
première selon eux - ont
appelé à la
manifestation, ainsi
qu'à différentes actions
dans les régions et dans
certains secteurs:
grèves, reports
d'audiences,
distributions de tracts.
Des audiences ont ainsi
été renvoyées mardi
matin dans des
juridictions de la
Manche (Caen et
Coutances), ainsi qu'en
Alsace, Lorraine et
Franche-Comté. A
Strasbourg par exemple,
les deux audiences
correctionnelles ont été
renvoyées, après que le
président eut expliqué
au public l'inquiétude
des magistrats face à la
réforme de la procédure
pénale.
D'autres renvois étaient
attendus dans
l'après-midi, pendant la
manifestation, a précisé
l'Union syndicale des
Magistrats (USM,
majoritaire), soulignant
toutefois avoir demandé
à ses militants de
maintenir les audiences
urgentes.
Le monde de la justice
s'est déjà mobilisé de
manière unitaire, mais
jamais d'une façon
"aussi large" et autour
du "mécontentement
général", a souligné
Laurent Bedouet,
secrétaire général de l'USM.
"Paupérisation" de la
justice et volonté
prêtée au gouvernement
de mettre la justice aux
ordres sont les
principaux griefs des
syndicats et
organisations qui ont
appelé à cette
"mobilisation nationale
unitaire", sur le thème
"La justice est en
danger: unissons-nous!".
La réforme de la
procédure pénale, qui
prévoit de supprimer le
juge d'instruction et de
confier toutes les
enquêtes aux procureurs,
magistrats du parquet
subordonnés à la
chancellerie, est
particulièrement visée.
Les conditions de la
garde à vue sont
également dénoncées par
les avocats, qui
voudraient assister dès
le début aux auditions
de leurs clients, ce que
ne prévoit pas
"l'avant-projet" de
réforme de la procédure
pénale soumis depuis la
semaine dernière à la
"concertation" par le
ministère de la Justice.
Les éducateurs de la
Protection judiciaire de
la Jeunesse (PJJ) se
disent dans
l'impossibilité de mener
à bien leurs missions,
du fait de réductions
d'effectifs, fermetures
de foyers, etc. Des
gardiens de prison se
sont également joints au
mouvement, ainsi que des
greffiers, des avoués.
L'opposition a apporté
son soutien à cette
mobilisation.
L'ex-ministre de la
Justice Elisabeth Guigou
(Parti socialiste) s'est
déclarée "révoltée" par
le projet de réforme de
la procédure pénale, et
a prévu de participer à
la manifestation
parisienne.
Elle s'en est pris en
particulier à la
modification du délai de
prescription pour les
abus de biens sociaux, y
voyant "une disposition
scandaleuse" qui
viserait à "étouffer les
affaires financières".
"Tous les républicains
et tous les démocrates,
tous les justiciables
aussi doivent se sentir
concernés par ce
mouvement de défense des
valeurs de la justice en
France", a déclaré de
son côté le président du
Mouvement Démocrate,
François Bayrou.
La manifestation
parisienne doit partir
du Palais de Justice à
14H30 et s'arrêter à
proximité du ministère
de la Justice, où sera
reçue une délégation.
afp |