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PARIS, Aimez-vous Brahms
? A cette question
fameuse, le
plus français et
européen des pianistes
américains, Nicholas
Angelich, répond
par l'affirmative, en
affichant sa passion
sans exclusive de la
musique
romantique, en concert
et au disque.
Le musicien, qui fêtera
ses 40 ans en décembre,
se produira mercredi
soir
en récital à Lyon puis
samedi à Paris, au
Théâtre des
Champs-Elysées, dans un
programme associant
Beethoven à Rachmaninov.
Mais c'est Brahms qui,
une nouvelle fois,
devrait mettre Nicholas
Angelich
sous les projecteurs.
Le pianiste le jouera le
20 mars dans le cadre du
Printemps des arts de
Monte-Carlo et sortira
lundi son septième album
consacré au compositeur
allemand chez Virgin
Classics (EMI).
Au programme de ce
disque: les "Klavierstücke"
op.76, dont Nicholas
Angelich flatte la
"beauté sauvage et
âpre", selon ses mots.
Mais aussi le 2e
"Concerto pour piano",
où il dialogue de
manière féconde avec
l'Orchestre de
la Radio de Francfort
dirigé par Paavo Järvi.
"Ce concerto
m'accompagne depuis des
années, depuis mon
enfance en fait",
confie à l'AFP
l'artiste.
Une jeunesse très
musicale: son père est
violoniste
à l'Orchestre
symphonique de
Cincinnati (Etats-Unis),
sa mère est pianiste et
a été son premier
professeur, "très tôt et
pendant très longtemps".
Elle avait "étudié avec
une élève d'Alfred
Cortot", glisse son fils
pour
évoquer les liens
familiaux avec la grande
école française de
piano.
Lui-même
arrivera dès l'âge de 13
ans en Europe pour
parfaire sa formation,
au
Conservatoire de Paris,
auprès d'Aldo Ciccolini,
Yvonne Loriod et Michel
Béroff.
"Je suis Américain mais
ça fait plus de 25 ans
que je vis ici, alors je
suis presque Français !
Et je me sens très
proche de l'Europe, de
l'idée de
toutes ces cultures
différentes réunies",
souligne Nicholas
Angelich, qui se
voit comme "un Gipsy",
eu égard au "côté très
déraciné de son histoire
familiale - son père est
originaire de Macédoine,
sa mère de Russie.
Si Brahms convient bien
à sa technique solide,
le pianiste affiche un
certain éclectisme. "Mon
répertoire fait une
large place à la musique
allemande et à la
musique romantique, mais
il ne faut pas
s'enfermer", fait-il
valoir.
La musique contemporaine
ne l'effraie pas: il a
créé un concerto "sans
orchestre" de Pierre
Henry, joué pour Pierre
Boulez, Karlheinz
Stockhausen ou
Olivier Messiaen, et
trouve particulièrement
précieux "le fait de
pouvoir
dialoguer avec les
compositeurs" vivants.
La musique de son temps
lui manque. "Je n'y
reviens pas autant que
je le
voudrais",
regrette-t-il. "Cela
fait partie des
problèmes du pianiste:
on a un
tel répertoire à notre
disposition!".
Nicholas Angelich parle
de sa condition avec
passion mais n'en cache
pas
les servitudes. "On a
beaucoup de chance mais
ça reste très difficile.
Il faut
toujours garder de la
fraîcheur et du temps
pour travailler et
évoluer, en
tant que musicien et en
tant que personne", dit
celui qui se limite à
quelque
80 dates par an en
comptant les récitals,
les prestations avec
orchestre et
les concerts de musique
de chambre (avec les
frères Capuçon, Antoine
Tamestit,
Gérard Caussé
notamment).
"Je pense qu'avec les
oeuvres, on vit presque
des relations comme avec
les
gens. C'est un
engagement. La musique
vous demande beaucoup.
Elle donne
beaucoup aussi. Dans
certains moments
difficiles, je crois
qu'elle m'a sauvé",
conclut-il.
afp |