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SANTIAGO, 10 mars 2010
(AFP) - Sebastian
Pinera, le nouveau
président du
Chili, est depuis vingt
ans une figure de proue
du monde des affaires de
son
pays où il devrait
incarner moins un
changement de cap qu'une
rupture de
style, avec des méthodes
assumées de "manager".
Il offre un chronomètre
à ses ministres pour
leur rappeler "qu'il n'y
pas
une minute à perdre". Il
exige d'eux l'exécution
d'objectifs à "30 jours,
six
mois, un an", sans "une
minute de répit".
Sebastian Echenique
Pinera, 60 ans,
est un homme pressé, qui
veut des résultats.
Un homme résolu aussi.
Après son échec à
l'élection
présidentielle en 2005,
Pinera a fini par
convaincre les Chiliens
qu'une droite moderne et
modérée
méritait sa chance,
après vingt ans de
gouvernements de
centre-gauche depuis
la fin de la dictature
d'Augusto Pinochet
(1973-1990).
Cette droite "chrétienne
et humaniste", comme il
la définit, a voté
contre
le maintien du dictateur
au pouvoir au référendum
plébiscitaire de 1988.
Et
sait choquer une frange
conservatrice du pays
catholique, en
promettant une
reconnaissance civile
des couples homosexuels
-- mais pas le mariage.
S'il s'est présenté
comme l'alternance
pendant la campagne,
Pinera est en
fait issu de l'élite
politique traditionnelle
chilienne.
Il vient d'une grande
famille
démocrate-chrétienne,
est le fils d'un
ambassadeur, le frère
d'un
ministre du Travail des
dernières années de la
dictature.
Rejetant les références
au "passé", Pinera a
promis de "faire tomber
les
murs qui divisent" les
Chiliens. Il a nommé un
gouvernement
d'ouverture, avec
nombre de personnalités
issues de la société
civile, de la droite
conservatrice au
centre-gauche.
Ce sportif énergique de
60 ans, adepte du
jogging et du tennis,
est un
bourreau de travail au
sourire éclatant, mais
peut aussi se montrer
hypernerveux ou cassant.
Il a bâti sa fortune
dans les années 80 dans
la monétique, après une
carrière d'économiste
passé par Harvard.
Son empire s'est ensuite
étendu à de multiples
secteurs: l'aviation,
les
mines, les médias,
l'immobilier ou la
pharmaceutique.
Sa fortune, évaluée à
plus d'un milliard de
dollars (735 millions
d'euros)
par le magazine
américain Forbes, l'a
placé en 2009 au 701e
rang des personnes
les plus riches au
monde.
Mais c'était avant de
vendre ses actions dans
la compagnie aérienne
LAN
dont il détenait 26%,
conformément à une
promesse de campagne
pour éviter un
conflit d'intérêt.
Pinera a promis de ne
pas déroger à
"l'économie sociale de
marché",
fondement de la
prospérité chilienne
depuis vingt ans.
Il s'est aussi engagé à
préserver l'héritage
social de la présidente
sortante Michelle
Bachelet, avec laquelle
il a affiché une union
sacrée
émouvante après le
séisme du 27 février qui
a dévasté le centre-sud
du pays.
Pour autant, celui qui
admire "la force et le
leadership" du président
français Nicolas
Sarkozy, incarne une
rupture de style
radicale avec "la mère
de tous les Chiliens" --
surnom de Mme Bachelet.
Homme à succès,
universitaire, président
de club de football et
pilote
d'hélicoptère, Pinera
est à mi-chemin entre
l'homme politique et la
célébrité,
se considérant parfois
comme une sorte de PDG
de "l'entreprise" Chili.
Il sera tout du moins
"le président de la
reconstruction" après le
tremblement de terre,
une tâche qui devrait
l'occuper quasiment
toute la durée
de son mandat.
afp |