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LYON, L'eurodéputé
centriste Damien Abad,
29 ans, est le seul
candidat handicapé tête
de liste pour les
régionales, mais il
s'interdit de faire de
sa maladie "la raison
d'être" de son
engagement. "Mon
handicap, j'en ai fait
une force qui m'a appris
à me dépasser.
Ce n'est pas parce que
vous êtes une personne
handicapée que vous ne
pouvez pas représenter
les autres", dit avec
assurance celui auquel
l'UMP-Nouveau Centre
(NC) a confié la
direction de sa liste
dans l'Ain.
Depuis deux mois, ce
Nîmois d'origine
enchaîne "sans relâche"
réunions publiques et
tractages sur les
marchés, où sa démarche
claudicante suscite
regards discrets et
sourires polis chez les
passants, vite gagnés
par son enthousiasme.
"Le message que je veux
faire passer, c'est que
c'est possible! Il faut
se montrer, avoir des
choses à revendiquer.
Mais mon handicap n'est
pas la raison d'être de
mon engagement",
souligne celui qui
souffre d'arthrogrypose,
une maladie orpheline
qui déforme les
articulations. "Mon
premier combat, c'était
d'être scolarisé dans
une école +normale+ avec
les autres", se
souvient-t-il avec
amertume, évoquant son
inscription refusée à
l'école maternelle du
village du Gard où il a
grandi. "Accepté" à
Vauvert, commune voisine
dont il devient
conseiller municipal en
2008, il se bat pour
"être le meilleur" à
l'école et en sport.
Entre parties de
football et courses de
karting, il découvre sa
vocation politique,
"marqué" par le débat
télévisuel Le Pen-Tapie
lors des Européennes de
1989. "C'était une vraie
joute oratoire", dit-il.
"Aujourd'hui, les débats
sont isses, minutés, on
tombe facilement dans
l'opération de
communication".
Après un Master à
Sciences-Po Paris, il
adhère à l'UDF, où "le
pragmatisme prend le pas
sur l'idéologie" et
devient chargé de groupe
à l'Assemblée nationale
sur les questions
fiscales et budgétaires.
Déçu par le "manque de
leadership" du président
du MoDem, François
Bayrou, qu'il a
néanmoins soutenu pour
la présidentielle de
2007, il rejoint le NC.
A l'Assemblée, Damien
Abad est effaré de
découvrir que "rien
n'est pensé en termes
d'accessibilité":
"absence de rampes ou
d'ascenseurs adaptés"
pour les personnes en
fauteuil roulant. "Le
gros défaut, c'est de
parler du handicap
uniquement quand on fait
des lois sur le
handicap, qui doit être
pensé de manière
globale", déplore-t-il.
Néanmoins, les choses
"commencent aujourd'hui
à changer". "Ce qui est
une singularité en
France est commun dans
d'autres pays. A
Bruxelles, on est une
bonne dizaine
d'eurodéputés
handicapés", renchérit
Damien Abad, élu en juin
et devenu l'un des
benjamins au Parlement
européen.
La discrimination
positive? L'eurodéputé
l'accepte, mais "à
petite dose, s'il y a
les compétences
derrière". Comme lui,
une poignée de personnes
handicapées sont
candidates aux
Régionales comme le
quadruple médaillé
paralympique de
natation, David
Smétanine, sur la liste
socialiste en Isère,
mais elles sont en
grande majorité en
position non éligibles.
"Si certaines sont
élues, l'erreur serait
de les nommer à une
délégation au handicap,
ce qui créerait du
communautarisme",
commente le président de
l'Apajh (Association
pour adultes et jeunes
handicapés), Jean-Louis
Garcia.
afp |