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KHARTOUM, Il met du
Coca-Cola en bouteille
malgré les
sanctions américaines,
joue au golf dans la
banlieue de Khartoum et
rêve d'un
projet agricole
pharaonique dans
l'ancienne Nubie:
Oussama Daoud est l'un
des
hommes d'affaires les
plus puissants et les
moins conservateurs du
Soudan.
La moitié de la farine
consommée par les
Soudanais est passée par
les
moulins de son
conglomérat, Dal, une
sorte d'hydre qui
produit des yaourts,
importe des véhicules,
distribue des machines
agricoles, construit des
bâtiments et gère
diverses affaires, comme
l'Ozone, le café le plus
branché de
la capitale.
Les sanctions
économiques américaines
imposées en 1997 par
l'administration
Clinton --et renforcées
en 2006 sous George W.
Bush-- interdisent aux
sociétés
américaines d'investir
ou de vendre leurs
produits au Soudan, sauf
exception.
"Coca-Cola n'est pas
autorisé à investir ici,
mais seulement à nous
vendre
du concentré.
Le concentré est
considéré comme de la
nourriture, donc
autorisé", explique
Oussama Daoud.
Dans les "dukkan",
petites épiceries de
quartier de Khartoum,
les caisses
de sodas américains sont
légion malgré les
sanctions de Washington
qui
maintient le Soudan sur
la liste noire des pays
hébergeant des
organisations
terroristes.
"L'hypocrisie des
sanctions, c'est que
nous pouvons
officiellement importer
du blé des Etats-Unis
mais nous ne pouvons pas
importer (directement
des
Etats-Unis) la machine
pour faire pousser notre
propre blé", dit Oussama
Daoud.
Plus grand pays
d'Afrique, le Soudan
importe environ un
million de tonnes
de blé par an. Pour
approvisionner ses
moulins, le patron de
Dal rêve de faire
pousser des céréales sur
420.000 hectares dans la
région de Wadi al-Halfa,
près de la frontière
égyptienne.
"Le projet dépend des
nappes d'eau
souterraine", dit cet
homme dynamique
qui vit entre Khartoum,
Dubaï et Londres, et
voyage en jet privé.
Mais hommes d'affaires
et ingénieurs à Khartoum
doutent de la
faisabilité
de ce projet pharaonique
qui trouve ses racines
dans l'histoire même de
l'homme d'affaires
d'origine nubienne.
Le père d'Oussama Daoud
avait été mandaté dans
les années 50 pour
organiser
le déplacement des
populations nubiennes
soudanaises qui allaient
être
inondées par la création
du grand barrage
d'Assouan, en Egypte.
"Mon père avait le
sentiment que notre
peuple devait être
réinstallé
quelque part près du
Nil", mais les autorités
avaient refusé et choisi
de
construire une nouvelle
ville pour les Nubiens
déplacés dans l'est du
Soudan
baptisée "New Halfa".
"Oussama veut rendre (sa
place) à son peuple"
avec ce projet, note un
de
ses collaborateurs.
Le conglomérat investit
dans des projets
agricoles de moyenne
envergure
près de Khartoum, mais à
la pointe de la
technologie. Le groupe
exporte du
fourrage dans les pays
du Golfe, ce qui lui
permet de faire le plein
de
devises étrangères pour
financer ses projets.
Entre-temps, l'homme
d'affaires éduqué sur le
modèle britannique
peaufine
son swing sur le golf
qu'il vient de faire
construire au coeur d'un
nouveau
projet immobilier
jouxtant Soba, dans la
banlieue pauvre de
Khartoum.
afp
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