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Historique et courageuse pour la plupart des observateurs, à
commencer par les producteurs algériens du médicament.
C’est, en effet, le moins que l’on puisse dire à propos de
la décision prise il y’a quelques jours par le gouvernement
algérien, qui s’était réuni sous la présidence d’Ahmed
Ouyahia à propos de l’interdiction de l’importation des
médicaments produits en Algérie. L’annonce a été faite par
le ministre de la Communication Abderrachid Boukerzaza lors
du point de presse hebdomadaire.
La
mesure tend, selon ses initiateurs, à protéger la production
nationale mise en danger par les opérations d’importation
sauvages. Une situation qui a beaucoup avantagé et pendant
de nombreuses années les multinationales qui ont axé leur
activité sur les importations de médicaments produits dans
d’autres pays, ne laissant que peu de chances aux produits
locaux. A contrario, cela a mis à mal la production
nationale d’opérateurs publics et privés qui n’ont eu de
cesse de réclamer une protection de la production locale
menée notamment par le groupe Saidal. L’ancien patron de la
société nationale Ali Aoun avait, on s’en souvient, livré
une véritable guerre pour protéger la production nationale
contre les lobbys de l’importation.
Et
l’on devrait peut-être avoir une pensée pour ce combat qui a
finalement abouti pour le bien du pays et de sa production
de médicament. Le gouvernement Ouyahia ne s’est pas contenté
d’interdire l’importation des médicaments produits en
Algérie, mais il a, également, décidé de « faire
obligation » aux opérateurs et laboratoires étrangers
activant dans le domaine pharmaceutique, souhaitant
distribuer leurs produits en Algérie, « d'investir dans le
pays ». Il faut dire que cette nouvelle orientation va
permettre l’émergence d’une politique nationale du
médicament basée dorénavant sur la production locale.
Cet
encouragement à la production locale des médicaments,
notamment ceux génériques, à travers l'amélioration des
procédures favorisant l'investissement, figure ainsi parmi
les décisions prise lors de cette réunion durant laquelle a
été présentée une communication du ministre du travail, de
l'Emploi et de la Sécurité sociale relative à la
tarification référentielle des médicaments. D'autres mesures
ont été prises telles que l'élargissement de la liste des
médicaments soumis au tarif référentiel. Le ministre de la
Communication a fait savoir, par ailleurs, que ces décisions
interviennent suite à « l'augmentation croissante » de la
facture d'importation des médicaments et de la « baisse » de
la production nationale dans le domaine de l'industrie
pharmaceutique.
L'Algérie a importé pour 1,8 milliard de dollars de
médicaments en 2007 contre 500 millions de dollars en 2000.
« La facture d'importation du médicament augmente de 20 à
30% par an », selon le directeur général du groupe public
Saidal (médicaments), Rachid Zaouani. Le ministre de la
Communication a, pour sa part, mis en exergue l’augmentation
importante de la facture des remboursements au niveau de la
Caisse nationale d'assurance sociale (CNAS). « Ces
remboursements ont été multipliés par 3 entre 2001 (23
milliards de DA) et 2008 (70 milliards de DA) », a-t-il
affirmé. Le ministre a noté aussi que « quelque 50 millions
d'ordonnances médicales, représentant la somme de 54,56
milliards de DA, ont été remboursées en 2007 », notant le
remboursement durant le premier semestre 2008 de « quelque
39,55 milliards de DA ».
Dans
le même ordre d’idées, le gouvernement a décidé de la mise
sur pied d'une commission ministérielle chargée de faire
aboutir avant la fin de l'année 2009 le dispositif de
contractualisation des soins dans les hôpitaux avec la CNAS.
« Cette procédure assainira les dépenses publiques en la
matière au bénéfice des malades, des centres hospitaliers et
du mécanisme national de sécurité sociale », indique le
communiqué du Conseil du gouvernement.
Tout
récemment, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la
sécurité sociale Tayeb Louh avait indiqué que tous les
médicaments répondant aux conditions requises seront soumis
désormais au tarif de référence. Intervenant à l'occasion de
la 1ère Journée d'information sur le tarif de
référence de remboursement du médicament, M. Louh avait
affirmé qu'il a été constaté que la consommation du
médicament générique a connu une nette évolution depuis
l'application du tarif de référence en 2006 ». L’autre
mesure prise par la même occasion a trait à l'assainissement
du système du tiers payant au profit des nécessiteux et des
malades chroniques.
Cette
opération qui ne remettra nullement en cause cette forme de
solidarité nationale, devra, selon le Conseil, s'appuyer à
l'avenir sur une opération de recensement qui aboutira à la
délivrance d'une carte aux bénéficiaires et à un contrôle
plus rigoureux. |