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ALGÉRIE - Télécommunications

Nouvelles révélations sur le dossier Algérie Télécom : Près de 75% des communications émanant de l’étranger, détournés

 

Lakoominfo.com

Par : Hamid SAIDANI Correspondant Permanent Algérie.

 

Le dossier Algérie-Télécom est selon toute vraisemblance plus « lourd » qu’on le pensait. Certes, les difficultés notamment financières dans les quelles se débat la société ne sont nouvelles, mais l’on n’imaginait certainement pas que ce constat cache en fait une situation intenable, faite de procédés frauduleux et d’une gestion à la limite de la corruption.

Si officiellement, les responsables d’Algérie Télécom se sont surtout focalisés dans leurs déclarations sur les énormes créances non recouvrées par l’entreprise (estimées à 70 milliards de dinars, soit près de 700 millions d’euros) pour expliquer cette déroute, il devient de plus en plus sûr qu’il ne s’agit pas du seul élément qui a contribué à cette dégringolade. C’est ce que pense d’ailleurs le site Tout sur l’Algérie qui estime, en effet, cette situation, héritée du temps où Algérie Télécom était une administration, ne peut expliquer à elle seule le naufrage annoncé de l’opérateur. Selon des informations obtenues par tsa-algerie.com auprès de source proche du dossier, les difficultés d’Algérie Télécom ont pour origine trois éléments : une fraude massive qui fait perdre des milliards de dollars par an à l’opérateur, une ouverture sauvage du secteur et  l’absence d’une vision stratégique des managers et du ministère de tutelle.  

Le site en question met surtout en relief la fraude massive sur les appels internationaux. Ainsi, d’après ces mêmes sources, près de 75% des communications émanant de l’étranger sont détournées par des opérateurs privés agissant dans l’illégalité la plus totale. Mais comment procède-t-on pour détourner des appels à partir d’un opérateur public ? Des sociétés privées implantées en Algérie négocient directement avec des opérateurs étrangers, historiques et alternatifs (vendeurs de cartes prépayés, opérateurs utilisant des numéros surtaxé, etc.). Ces opérateurs envoient directement les communications émanant de leurs  clients sur des serveurs de ces entreprises privées algériennes qui se chargent de « terminer » les appels sur le réseau d’Algérie Télécom pour l’acheminer vers le client final. Le tout dans l’illégalité la plus totale. Elles privent ainsi l’opérateur historique d’une manne financière estimée à plusieurs milliards de dollars par an. Pour avoir une idée du montant des revenus qui ne sont pas versés à Algérie Télécom du fait de cette fraude, il suffit de savoir par exemple que l’Algérie est la première source de revenus de France Télécom à l’international, avec un taux de marge de 90%.

Plus inquiétant encore, plusieurs grands opérateurs historiques étrangers n’ont pas reversé à Algérie Télécom les sommes dues pour les terminaisons d’appels sur son réseaux et ce depuis plus de dix ans. L’autre facteur qui a contribué à la descente aux enfers de la société a trait à l’ouverture jugée « sauvage » du secteur. « Dans tous les pays du monde, l’ouverture du secteur des télécommunications s’est faite progressivement, segment par segment. Une prudence destinée à permettre aux opérateurs historiques de mieux se préparer pour affronter la concurrence, souvent agressive », estime cette source. En Algérie, le début des années 2000 a été marqué par une ouverture sauvage de tous les segments du secteur : téléphonie mobile, Voix sur  IP (VoIP), Internet, téléphonie par satellite…Or, à cette époque, le groupe Algérie Télécom n’était pas du tout préparé pour affronter la concurrence.

Résultat : l’opérateur historique s’est retrouvé dans une situation difficile face à des opérateurs qui, comme Orascom Telecom dans le mobile, n’ont jamais cherché à structurer le marché mais ont opté pour des stratégies de prédation. « La situation a été favorisée par l’inertie et l’incompréhension des enjeux de la part de l’autorité de régulation (ARPT) et du ministère de tutelle, ajoute la même source. Le troisième facteur qui a sa part dans la complication de la situation de l’opérateur algérien concerne l’absence d’un « management » à la hauteur des exigences d’une époque où les opérations de management, de communication, de marketing ont une place bien particulière au sein des entreprises.

De Messaoud Chetih, parachuté à la tête d’Algérie Télécom après avoir passé 30 ans dans la sidérurgie à l’actuel PDG Moussa Benhamadi, en passant par Brahim Ouarets, Algérie Télécom a toujours été dirigé par des « managers » issus de l’administration. Sans culture managériale, ils ont été contraints de composer avec un ministère de tutelle incapable de comprendre les enjeux.

Le groupe s’est ainsi lancé des opérations d’acquisition de technologies couteuses avec des résultats désastreux : boucle locale radio, WLL…La filialisation de Djaweb (Internet), avec l’expérimentation de plusieurs technologies a été désastreuse sur plusieurs points. Enfin, l’opérateur mobile Mobilis, confronté à la concurrence déloyale de Djezzy et Nedjma peine à faire face à un marché où l’opérateur algérien compte plusieurs longueurs de retard.

 

Lakoominfo.com

H. S.

 

 
 

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Date de la dernière mise à jour : 29/10/2008 15:23

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