|
ALGER, L'ONG française Comité catholique contre la faim
et le développement (CCFD-Terre
solidaire) a demandé "instamment" mardi à l'un
de ses militants de mettre
fin au "jeûne illimité" qu'il a entamé dans un camp
de réfugiés sahraouis du sud
algérien, tout en "l'assurant de sa solidarité".
La Délégation catholique pour la coopération (DCC), organe
dont dépend
juridiquement l'humanitaire
et le CCFD ont "instamment demandé à Jean-François
Debargue de mettre fin au
jeûne illimité qu'il a entamé le 8 octobre, tout en
l'assurant de leur
solidarité", dans un communiqué.
"Le CCFD-Terre Solidaire comprend (...) et accompagne
Jean-François
Debargue dans son souci
d'aller au-delà du simple support matériel et moral à
des populations en
souffrance, et dans sa volonté d'interpeller (...) le
gouvernement français", selon
le texte.
Mais le comité "ne peut faire sienne la méthode retenue par
ce volontaire
dont la radicalité (dirigée
contre sa propre personne), va à l'encontre des
convictions de ces deux
organisations, et met en outre en danger sa santé".
Les deux organisations jugent que "la communauté
internationale se montre
trop silencieuse" sur le sort
des réfugiés sahraouis et que la résolution du
problème du Sahara occidental
"passe par un appui de la communauté
internationale, et notamment
de la France, à la mise en œuvre du plan de paix
adopté par les Nations unies,
comprenant l'organisation du référendum
d'autodétermination".
M. Debargue, 53 ans, installé depuis 2007 dans les camps de
réfugiés
sahraouis près de Tindouf
(sud-ouest algérien), a entamé un "jeûne illimité",
pour notamment "interpeller"
le gouvernement français sur le problème du
Sahara occidental.
Ancienne colonie espagnole,
le Sahara occidental a été annexé en 1975 par
le Maroc qui prône une large
autonomie sous sa souveraineté.
Le Polisario,
mouvement indépendantiste
sahraoui, réclame un référendum d'autodétermination,
dans lequel l'indépendance
serait l'une des options offertes.
"Je ne cesserai ma grève de
la faim que si le communiqué du CCFD est
largement diffusé en France
et que si le gouvernement français en prend acte",
a affirmé mardi à l'AFP M.
Debargue, joint par téléphone.
afp
|