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CAMP VICTORY (Irak), Le sergent Joshua Olson a quitté
l'Irak en octobre 2003 sur
une civière, la hanche droite déchiquetée. Six ans
plus tard, il est de retour
sur le terrain des opérations pour constater que
son "sacrifice n'aura pas été
vain".
Avec sept autres blessés de guerre, il participe à
l'"Opération Proper
Exit" (OPE), organisée pour
leur montrer en une semaine "les changements
intervenus grâce à leur
sacrifice", selon l'armée américaine.
A leur arrivée dimanche, ils ont été accueillis au Camp
Victory, l'une des
plus grandes bases
américaines en Irak, près de l'aéroport de Bagdad. La
cérémonie de bienvenue, dans
l'un des anciens palais de Saddam Hussein, a tout
d'une opération de
communication interne: présentation ponctuée d'un "Tu es un
guerrier!", applaudissements
nourris et accolade avec la troupe.
Elle n'en
reste pas moins poignante.
"Je voulais revenir parce
qu'à cause de mon évacuation, je n'ai pas terminé
ma mission", explique le
sergent Olson, 30 ans, blessé dans l'explosion d'une
roquette RPG à Tal-Afar
(nord-ouest). "Pour
les Irakiens, j'espère que mon sacrifice, et celui d'autres
Américains, n'aura pas été
vain, qu'ils pourront avoir la démocratie, et une
vie normale", explique-t-il,
sous la surveillance discrète d'un membre du
service de presse de l'armée.
De l'avis de tous, la situation s'est améliorée. "On entend
plus de coups
de feu toutes les cinq
minutes, c'est silencieux maintenant", juge Olson.
"J'ai vu des chantiers de
construction, des travailleurs civils, des
magasins" sur la route de
l'aéroport, autrefois truffée de bombes artisanales
(IED), ajoute le lieutenant
Edwin Salau, 30 ans.
"J'espère voir moins de militaires (américains), plus de
forces irakiennes,
et moins de peur chez les
civils", souligne l'ancien Marine, amputé au-dessus
du genou droit après
l'explosion d'un IED à Touz Khourmatou (nord-est) en
novembre 2004.
Pour l'adjudant-chef Lawrence
Wilson, chargé de la logistique de l'OPE,
cette visite "fait partie du
processus de guérison, et pour certains c'est un
nouveau départ".
Le sergent Robert Brown, 26 ans, a participé à la première
OPE, fin juin,
avec cinq autres soldats. Il
a souhaité servir de mentor aux suivants car
l'expérience, selon lui, est
bénéfique. "Lors de
mon premier voyage, je ne savais pas à quoi m'attendre mais
j'ai été impressionné,
dit-il. J'ai donné une interview télévisée sur le toit d'une
maison à Ramadi, une chose
impossible" à son arrivée en Irak en 2006.
Le sergent Brown a été amputé au-dessous du genou droit
après une embuscade
à Ramadi, dans la province
d'Al-Anbar (ouest), en septembre 2006. A l'époque,
les troupes américaines
soutenaient les Sahwa (Réveil), des milices tribales
sunnites combattant Al-Qaïda.
C'était son premier déploiement.
En tant que mentor, "j'ai
voulu faire passer mon expérience, un sentiment
de tourner une page".
Le sergent Brown admet que
certains ont eu "des réserves, mais pas au point
de refuser de prendre
l'avion". Selon l'adjudant-chef Wilson, les volontaires
"doivent être prêts
physiquement et mentalement. Il doivent avoir fait des
progrès dans leur vie,
montrer qu'ils pourront gérer la situation".
Proper Exit a eu le soutien du général Ray Odierno,
commandant des forces
armées en Irak, qui y voit
également un bénéfice pour ses troupes sur le
terrain. "Ils voient des
soldats blessés, amputés, qui ont bossé dur,
progressé", assure le
général, qui a passé une demi-heure avec le groupe après
la cérémonie d'accueil.
Selon le site indépendant icasualties.org,
4.349 soldats américains sont
morts et 31.527 ont été
blessés depuis le début de l'invasion de l'Irak en
mars 2003.
afp
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