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PARIS, A la veille de l'examen au Sénat du projet de
loi d'indemnisation des
victimes des essais nucléaires français, les vétérans
et élus de l'opposition ont
réclamé mardi lors d'une conférence de presse des
"améliorations" estimant
qu'"on a fait que la moitié du chemin".
Le président de l'Association des vétérans des essais
nucléaires (Aven),
Michel Verger, tout en
qualifiant le texte de "brèche dans le négationnisme des
retombées des essais
nucléaires" a jugé qu'il était une "loi en trompe l'œil"
(...) "bouclée par le
ministère de la Défense".
Pour Guy Fischer, président du groupe communiste du Sénat
"le texte n'est
pas acceptable en l'état"
puisqu'il ne donne pas de "véritable droit à
indemnisation".
Le sénateur PS, André
Vantomme s'est félicité de l'existence de ce projet
"après 18 propositions de loi
qui n'ont pas eu de suite" mais a estimé qu'il
ne constituait qu'une
"réponse partielle".
Associations et élus estiment que le comité d'indemnisation
n'est pas
"indépendant" et réclament
qu'il soit instauré sur le modèle de celui créé
pour les victimes de
l'amiante. "Il est
composé de membres nommés par le gouvernement qui donnent un
avis consultatif au
ministre qui seul décide", a protesté M. Verger.
Les associations demandent également l'indemnisation des
ayant-droits des
victimes, un droit à la
retraite anticipée, un élargissement des pouvoirs de
la commission consultative de
suivi des conséquences des essais, un suivi
médical des personnes
irradiées mais aussi épidémiologique et environnemental.
"C'est une logique
d'indemnisation a minima", a critiqué la sénatrice verte
Dominique Voynet.
Les sénateurs PS et Verts s'abstiendront, estimant toutefois
que le texte "a le mérite
d'exister". "On est à
la moitié du chemin, je crains de nouvelles souffrances en
cas de rejet des
demandes d'indemnisations" a renchéri Michèle Demessine
(PCF). Le groupe
communiste votera contre le texte.
Bruno Barrillot pour l'association Moruroa e tatou
regroupant 4.500 anciens
travailleurs polynésiens de
Moruruoa s'est élevé contre "les délinquants
nucléaires" au sein de
"l'administration qui conseille le ministre de la
Défense".
Associations et élus se sont également félicités de
l'introduction dans le
texte par le Sénat, en
commission des Affaires étrangères et de la Défense, du
principe "de présomption de
causalité" entre les essais nucléaires et certains
cancers, ce qui devrait
faciliter l'indemnisation des victimes.
Le texte déjà adopté par
l'Assemblée nationale sera examiné mercredi au
Sénat.
afp
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