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A BORD
DU GLENAN (Seychelles), Treillis camouflés
kakis, casques lourds et
gilets pare-balles: ceux qui assurent la sécurité des
dix thoniers français
croisant au large des Seychelles, dans des eaux
poissonneuses mais infestées
de pirates somaliens, n'ont rien de
marins-pêcheurs.
Ce
sont des fusiliers-marins, une soixantaine de soldats
d'élite de la
marine française, répartis à
raison de quatre ou cinq par bateau.
Face aux Kalachnikov et aux
RPG (lance-roquettes) des pirates, ils sont
armés de fusils d'assaut et
de fusils mitrailleurs.
Dimanche midi, le Drennec et son sister-ship, le Glénan,
imposants navires
de 84 mètres de long,
quittaient Port-Victoria sous une pluie tropicale pour
une campagne de pêche de 35
jours, à quelques encablures des plages
paradisiaques des Seychelles
mais loin de l'insouciance des touristes alanguis.
Huit
jours plus tôt, des pirates avaient tenté de les prendre
d'assaut. Ils
ont été repoussés par les
militaires français, onze d'entre eux étant ensuite
interceptés par des
garde-côtes seychellois avant d'être relâchés "faute de
preuves".
Les deux thoniers de
Concarneau (ouest de la France) embarquent chacun 25
hommes d'équipage, un tiers
de Français et deux tiers d'Africains et de
Seychellois.
Aux yeux des pirates, ils
constituent une cible de choix.
"On
évolue
lentement, on est bas sur
l'eau, donc très vulnérables", a expliqué dimanche
le "patron" du Drennec,
Patrick Hélies, au ministre français de la Défense Hervé
Morin, venu faire le point sur "l'opération militaire
Orthongel", du nom de
l'organisation professionnelle des armateurs.
La vulnérabilité de ces "thoniers-senneurs"
est maximale lorsqu'ils
resserrent leurs filets de
1.200 m de long et 250 m de haut sur un ban de
thons Albacore.
Ils
sont alors quasiment à l'arrêt pendant plusieurs heures
parfois.
Depuis quelques semaines, la
situation sécuritaire tout autour de
l'archipel des Seychelles
s'est sensiblement détériorée. Trois jours seulement
après l'attaque contre le
Drennec et le Glénan, deux autres thoniers français
ont été la cible des pirates,
de nouveau repoussés.
"La
présence des militaires à bord était la condition sine qua
non de la
poursuite de notre activité,
sinon ces navires resteraient à quai", explique
Jean-Yves Labbé, président de
l'armement CMB de Concarneau qui exploite, outre
le Drennec et le Glénan, six
autres thoniers aux Seychelles.
Président d'Orthongel et directeur-général de l'armement
Saupiquet,
propriétaire des deux autres
thoniers français présents dans la région, Yvon
Riva tire son "chapeau aux
militaires qui nous accompagnent et permettent à
nos gars de continuer à faire
leur métier".
A
bord, ces militaires disposent de leurs cabines mais
partagent pour le
reste la vie quotidienne des
marins-pêcheurs. "Ils
sont comme nous, il partent en mer pour de longues
campagnes, loin de
leurs familles, dans les conditions de la mousson qui sont
parfois très dures
quand le bateau roule de partout", explique un militaire,
tenu à l'anonymat.
"Nous
avons le même vocabulaire, une même culture maritime et la
culture
régionale bretonne en
partage", renchérit l'enseigne de vaisseau Yannick
Carnot, chef du détachement
des "équipes de protection embarquées".
Pour le capitaine du Glénan,
Yvan Dizet, l'essentiel est atteint : "on peut
de nouveau aller chercher le
poisson là où il se trouve, dans les eaux
internationales à l'est de la
Somalie".
afp
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