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Sénégal: à 74 ans, le zoo de Dakar se cherche une nouvelle jeunesse

 

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DAKAR, Des singes capucins enfermés dans un espace minuscule, des hyènes apathiques dans un carré de béton, un tigre qui glisse sur le carrelage de sa cage: le zoo de Dakar, ouvert en 1935, non conforme aux standards internationaux, veut se moderniser.

Dans ce parc zoologique de 7 hectares situé dans la forêt de Hann, seul poumon vert de Dakar, chacals ou lionnes sont parqués sur une dalle nue, sans aménagements ni verdure. "Ce que nous avons ici, c'était passable dans les années 1950 ou 1960.

Aujourd'hui, c'est dépassé, mais c'est une subvention de l'Etat qui fait vivre le zoo; nous n'avons pas assez de moyens", se désole le commandant Lamine Guèye, directeur des parcs zoologique et forestier de Hann.

Un projet de développement chiffré à 2 milliards de FCFA (plus de 3 millions d'euros), étalé sur cinq ans et qui pourrait être financé par le Sénégal mais aussi la France ou les Pays-Bas, est en préparation, souligne-t-il. S'il aboutit, les animaux dangereux (lions, tigre, hyènes) auront de plus vastes cages et tous les autres (singes, chèvres, etc.) seront laissés en semi-liberté dans le parc.

A terme, Dakar compte rejoindre le réseau zoologique africain Paazab (Association africaine des zoos), ce qui lui permettrait d'échanger des animaux avec d'autres membres mais il doit d'abord se mettre aux normes de l'association. Des experts de Paazab viendront prochainement inspecter le zoo de Hann pour épingler les manquements mais aussi proposer des pistes pour une remise à niveau.

A deux pas d'une allée jonchée de branches mortes, les ânes aux côtes saillantes font grise mine : "C'est triste à voir. Ca ne remonte pas le moral avant de quitter le Sénégal", glisse une infirmière française sur le départ.

En dépit d'un prix d'entrée dérisoire (350 FCFA, soit 0.53 euro), touristes ou locaux ne se pressent pas aux grilles du parc, dont l'accès est mal indiqué et qui ne figure pas dans les circuits touristiques de la capitale. "Regardez les lions et le phacochère: avec les eaux de pluie, leurs enclos sont à moitié inondés", commente Moussa Ndao, agent des Parcs nationaux.

Depuis janvier, un canal évacue pourtant une partie du trop-plein d'eau vers la mer, évitant que l'eau ne touche trop les 203 pensionnaires du zoo. En 2005 et 2008, de nombreux arbres avaient été déracinés suite aux inondations et des animaux avaient été tués par des parasites qui s'étaient développés.

"Les ouvriers du parc ne savent pas qu'un tigre a besoin de marcher ou un singe de grimper et pensent qu'il suffit de nourrir les animaux, mais ils se trompent; il faudrait les emmener au Kenya ou en Afrique du Sud, pour discuter avec des Africains qui font les choses bien", lâche le commandant.

Pour lui, le problème d'argent se double surtout d'un problème de mentalités: "un pays sous-développé ne peut pas avoir les mêmes zoos qu'en Europe, mais il faut que nous parvenions à gérer ce parc autrement."

AFP

 
 

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30/09/2009 09:47

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