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DAKAR, Des singes capucins enfermés dans un espace
minuscule, des hyènes
apathiques dans un carré de béton, un tigre qui glisse
sur le carrelage de sa cage:
le zoo de Dakar, ouvert en 1935, non conforme aux
standards internationaux,
veut se moderniser.
Dans ce parc zoologique de 7 hectares situé dans la forêt de
Hann, seul
poumon vert de Dakar, chacals
ou lionnes sont parqués sur une dalle nue, sans
aménagements ni verdure.
"Ce que nous avons ici,
c'était passable dans les années 1950 ou 1960.
Aujourd'hui, c'est dépassé, mais c'est une subvention de
l'Etat qui fait vivre
le zoo; nous n'avons pas
assez de moyens", se désole le commandant Lamine
Guèye, directeur des parcs
zoologique et forestier de Hann.
Un projet de développement
chiffré à 2 milliards de FCFA (plus de 3
millions d'euros), étalé sur
cinq ans et qui pourrait être financé par le
Sénégal mais aussi la France
ou les Pays-Bas, est en préparation,
souligne-t-il.
S'il aboutit, les animaux
dangereux (lions, tigre, hyènes) auront de plus
vastes cages et tous les
autres (singes, chèvres, etc.) seront laissés en
semi-liberté dans le parc.
A terme, Dakar compte rejoindre le réseau zoologique
africain Paazab
(Association africaine des
zoos), ce qui lui permettrait d'échanger des
animaux avec d'autres membres
mais il doit d'abord se mettre aux normes de
l'association.
Des experts de Paazab
viendront prochainement inspecter le zoo de Hann pour
épingler les manquements mais
aussi proposer des pistes pour une remise à
niveau.
A deux pas d'une allée jonchée de branches mortes, les ânes
aux côtes
saillantes font grise mine :
"C'est triste à voir. Ca ne remonte pas le moral
avant de quitter le Sénégal",
glisse une infirmière française sur le départ.
En dépit d'un prix d'entrée
dérisoire (350 FCFA, soit 0.53 euro), touristes
ou locaux ne se pressent pas
aux grilles du parc, dont l'accès est mal indiqué
et qui ne figure pas dans les
circuits touristiques de la capitale.
"Regardez les lions et le
phacochère: avec les eaux de pluie, leurs enclos
sont à moitié inondés",
commente Moussa Ndao, agent des Parcs nationaux.
Depuis janvier, un canal évacue pourtant une partie du
trop-plein d'eau
vers la mer, évitant que
l'eau ne touche trop les 203 pensionnaires du zoo.
En 2005 et 2008, de nombreux
arbres avaient été déracinés suite aux
inondations et des animaux
avaient été tués par des parasites qui s'étaient
développés.
"Les ouvriers du parc ne
savent pas qu'un tigre a besoin de marcher ou un
singe de grimper et pensent
qu'il suffit de nourrir les animaux, mais ils se
trompent; il faudrait les
emmener au Kenya ou en Afrique du Sud, pour discuter
avec des Africains qui font
les choses bien", lâche le commandant.
Pour lui, le problème d'argent se double surtout d'un
problème de
mentalités: "un pays
sous-développé ne peut pas avoir les mêmes zoos qu'en
Europe, mais il faut que nous
parvenions à gérer ce parc autrement."
AFP
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